Atteindre les objectifs du décret tertiaire demande un plan d’action adapté à chaque bâtiment. Mesure des consommations, optimisation des équipements, amélioration du pilotage, travaux d’isolation et évolution des usages : plusieurs leviers permettent de réduire durablement la consommation énergétique.
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Pour atteindre les objectifs de réduction énergétique du décret tertiaire, il faut un plan capable de corriger et compenser les failles du bâtiment. La bonne nouvelle c’est que les actions à engager ne relèvent pas toutes de la rénovation lourde. Certaines portent sur les réglages, la maintenance, l’éclairage, le pilotage des équipements ou les comportements des occupants. Voici les moyens à mettre en place pour réduire durablement la consommation d’énergie, avec des résultats mesurables année après année.
La première action est la prise de mesure : collecte des factures d’énergie, vérification des consommations des parties communes, repérage des compteurs existants… Cela permet de repérer les postes les plus consommateurs.
Attention, tous les locaux ne sont pas traités de la même manière selon leur surface, leur occupation ou leur usage. Leur organisation en site unique, bâtiment multi-occupants ou ensemble immobilier compte aussi. Avant de se lancer, il faut donc identifier les surfaces et les bâtiments tertiaires concernés.
Les données réglementaires sont ensuite déclarées sur OPERAT. Cette déclaration sert au suivi du dispositif, mais elle ne remplace pas une analyse énergétique détaillée. Pour agir efficacement, il faut aller plus loin que la consommation annuelle globale et comprendre les causes concrètes des écarts.
Le décret tertiaire permet d’atteindre les objectifs selon deux modalités :
Le plan dépend de l’historique du bâtiment, de son niveau de performance actuel et des actions déjà engagées.
Un bâtiment énergivore non rénové peut souvent viser une trajectoire en valeur relative. Dans ce cas, il s’agit de réduire progressivement la consommation par rapport à une année de référence.
À l’inverse, un bâtiment déjà performant peut être plus proche d’un objectif exprimé en valeur absolue, avec un seuil de consommation à ne pas dépasser.
Cette distinction compte dans la définition du plan d’action. Un bâtiment très consommateur pourra obtenir des gains rapides par les réglages, la maintenance ou le remplacement d’équipements obsolètes. Un bâtiment déjà rénové devra souvent travailler plus finement sur l’exploitation, les horaires, les usages et le pilotage.
Les seuils en valeur absolue permettent d’apprécier l’objectif à atteindre par catégorie d’activité. Les dernières précisions apportées par l’arrêté du 1er août 2025 renforcent aussi l’importance d’un rattachement exact entre les surfaces, les usages et les catégories déclarées.
Les postes les plus sensibles sont souvent le chauffage, le refroidissement, l’éclairage, la ventilation et les équipements qui fonctionnent en continu. Dans certains bâtiments tertiaires, le froid commercial, les cuisines professionnelles, les salles informatiques ou les horaires d’ouverture étendus peuvent aussi impacter fortement la consommation.
Trois critères permettent d’analyser l’impact d’une action :
Certaines actions sont peu coûteuses avec des effets rapides. C’est le cas de l’ajustement des consignes de température, de l’extinction des équipements hors occupation ou de la programmation des horaires.
D’autres demandent un investissement plus important, comme l’isolation, le remplacement d’un système de chauffage ou l’installation d’un système de contrôle du bâtiment. Leurs effets réels se lisent à plus long terme, mais ils peuvent être conséquents sur des bâtis qui étaient jusqu’alors peu performants.
Un bâtiment peut être bien équipé mais sur-consommer s’il est mal exploité et mal entretenu.
Le chauffage et la climatisation doivent être réglés selon l’occupation réelle. Dans les locaux vides, les salles de réunion peu utilisées, les réserves ou les zones de passage, la température doit être ajustée en conséquence.
Par ailleurs, des réseaux dégradés, des filtres non remplacés, des luminaires recouverts d’une couche de poussière ou des équipements mal réglés entraînent des surconsommations parfois importantes.
Ces mesures de vérification et de correction sont des actions simples pour réduire la consommation des bureaux. Elles donnent des résultats rapides, tout en préparant les étapes suivantes du plan d’action.
Lorsque les réglages ne suffisent pas, il faut agir sur les équipements. L’éclairage fait partie des postes les plus accessibles, à la fois sur le plan économique et organisationnel. L’installation de LED performantes, associées à des détecteurs de présence, peut réduire la consommation sans perturber l’activité.
Le chauffage, la ventilation, la climatisation et l’eau chaude sanitaire demandent une analyse plus poussée. Le remplacement d’un équipement doit être étudié avec le réseau existant, les besoins réels du bâtiment et les usages. Selon la configuration et le fonctionnement du site, la mise en place d’une pompe à chaleur ou le raccordement à un réseau de chaleur pourrait être plus ou moins pertinent.
Les systèmes d’automatisation et de contrôle du bâtiment permettent de mieux suivre les consommations et de désactiver certains équipements hors occupation. Ils rendent l’action plus précise, surtout dans les bâtiments multizones avec plusieurs activités ou des horaires variables.
Les travaux sur l’enveloppe interviennent lorsque les pertes énergétiques viennent du bâti lui-même. On parle d’isolation thermique des parois, de la toiture, des planchers, des menuiseries… Ces actions améliorent l’autonomie énergétique du bâtiment en réduisant directement le besoin de produire de la chaleur ou du froid.
L’isolation thermique limite les besoins de chauffage en hiver et améliore le confort d’été. Les protections solaires réduisent les apports de chaleur dus au rayonnement et diminuent le recours à la climatisation.
Ces travaux doivent être priorisés selon les défauts observés (inconfort thermique, surchauffe, courants d’air, pertes de chaleur, consommations anormalement élevées…).
Dans certains cas, les travaux sur l’enveloppe sont indispensables pour atteindre les objectifs du décret tertiaire. Selon leur nature, ces travaux peuvent être soutenus par des aides comme les certificats d’économies d’énergie.
Les occupants ont un impact direct sur la consommation énergétique. Lumière allumée, équipements en veille, portes ouvertes en période de chauffage ou de climatisation, espaces inoccupés chauffés… Ces mauvaises pratiques peuvent réduire l’efficacité des travaux réalisés.
Pour encourager les bons gestes, il faut les rendre plus accessibles et les automatiser dès que possible. Cela peut se faire par l’extinction automatique de l’éclairage, par les multiprises avec interrupteur, la programmation des postes informatiques ou le réglage des horaires selon l’activité réelle.
L’aménagement peut aussi aider à réduire les consommations. Un poste de travail près des fenêtres bénéficie d’un maximum de lumière naturelle, évitant le recours à l’éclairage artificiel en journée. Une zone de stockage peut être pilotée indépendamment des plateaux de bureaux ou des espaces recevant du public.
Atteindre les objectifs de réduction énergétique suppose un suivi régulier. L’efficacité d’une action au moment de sa mise en place peut être minée par une évolution des usages ou de l’activité.
Le suivi doit comparer les consommations avant et après l’action, en tenant compte de l’occupation, des horaires, des conditions climatiques et des habitudes des usagers. Cela permet de corriger la trajectoire rapidement en cas de changement.
Pour respecter ses obligations avant 2030 les actions doivent être mises en place suffisamment tôt pour être ajustées et optimisées.
Assurer le suivi, c’est aussi conserver les preuves utiles : factures, rapports de maintenance, attestations de travaux, relevés de consommation, décisions de gestion, échanges entre bailleur et locataire. Dans un local loué, cette organisation doit s’appuyer sur une répartition entre bailleur et locataire clairement définie, notamment pour les travaux, la transmission des données et les actions liées à l’exploitation. À défaut et sans programme clair, les risques de non-conformité augmentent.
La voie la plus rapide pour atteindre ses objectifs passe par l’exploitation et les usages, mais les résultats les plus visibles et les plus durables sont le plus souvent obtenus en agissant sur l’enveloppe du bâtiment, la performance des équipements et les systèmes de pilotage intelligent.
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