WELL v1 vs. WELL v2 : la mutation d’une certification bien-être devenue plus flexible

WELL v2 a remplacé la logique binaire de WELL v1 par un système de points plus flexible, organisé autour de dix concepts. Prérequis, crédits optionnels et niveaux Silver, Gold ou Platinum : cette évolution facilite l’adaptation de la certification aux bâtiments neufs comme aux actifs existants.

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L’International WELL Building Institute (IWBI) a refondu son référentiel en profondeur avec la publication de la version 2 en 2018, déployée progressivement dans les projets de bureaux et de parcs tertiaires à l’échelle mondiale. Passer de la WELL v1 à la WELL v2, ce n’est pas une simple mise à jour : les prérequis ont été restructurés, les sept concepts d’origine portés à dix et l’architecture binaire remplacée par un système de points. Critères d’éligibilité, coûts de mise en conformité, valeur des certifications en portefeuille : depuis juillet 2022, la v2 est LE référentiel en vigueur.

WELL v1 : une grille binaire qui bloquait les rénovations

La première version du WELL Building Standard, lancée par l’IWBI en 2014, reposait sur une logique d’élimination directe : un seul critère non respecté suffisait à exclure le projet du processus de labellisation. Sur le papier, cette exigence garantissait un niveau d’exigence uniforme. Sur le terrain, elle rendait la certification inaccessible à la majorité du parc immobilier européen, dont une large partie est constituée de bâtiments anciens aux contraintes architecturales compressibles.  

Une dalle de béton qui date de 1970 ne se reperce pas pour optimiser les débits de la ventilation. Une façade classée ne s’ouvre pas pour installer des verrières circadiennes. Face à ces réalités, les maîtres d’œuvre engagés dans des projets de rénovations tertiaires se heurtent à une impasse réglementaire : soit le bâtiment satisfaisait l’ensemble des prérequis, soit la démarche s’arrêtait. La WELL v1 a ainsi été davantage adoptée sur les constructions neuves que sur les anciens bâtis, limitant mécaniquement son impact sur le marché.

Ce que la WELL v2 change concrètement dans la grille d’évaluation

La v2 abandonne la logique du tout ou rien pour un système de crédit à la carte. Les concepteurs choisissent leurs leviers d’action parmi une centaine d’options, en fonction des contraintes réelles du bâtiment. Un projet peut compenser une acoustique difficile à corriger par des performances renforcées sur la qualité de l’air ou l’ergonomie des espaces.

La nomenclature évolue également. Les sept concepts d’origine : air eau, nutrition, lumière, fitness, confort et esprit, sont réorganisés en dix catégories distinctes. L’acoustique et le confort thermique gagnent chacun leur propre module [ancre du futur lien : 10 concepts du référentiel] et un volet communautaire est inséré, centré sur l’équité et l’inclusion des usagers. Sur la question de la lumière, la WELL v2 assouplit les obligations liées aux rythmes circadiens. Ceux-ci passent du statut de prérequis à celui de crédit optionnel.

Silver, Gold et Platinum : la mécanique par points des nouveaux niveaux

L’obtention de la certification repose sur un barème chiffré. Les prérequis constituent le socle technique minimal : ils doivent être validés, mais n’attribuent aucun point. Le score utile se calcule ensuite à partir des crédits optionnels, avec un plafond de 12 points par thématique. Cette règle de plafonnement interdit par exemple de compenser une mauvaise qualité d’air intérieure par une acoustique excellente.

Chaque domaine doit avoir a minima 2 points. Les paliers sont fixés à 50 points pour le niveau Silver, 60 pour le Gold et 80 pour le Platinum. Cette gradation permet d’avancer étape par étape, en sécurisant les fondamentaux pour passer les niveaux supérieurs par la suite.

Un projet qui atteint le Silver à la première certification peut évoluer vers le Gold au renouvellement triennal, à mesure que les travaux d’optimisation progressent ; la certification étant un cycle d’amélioration continue.

La transition WELL v1 à WELL v2 : un arbitrage à anticiper

Les actifs certifiés sous l’ancienne version entament leur transition lors des audits de renouvellement obligatoires, conduits tous les trois ans par un expert indépendant appelé WELL AP, pour Accredited Professional. Ce calendrier oblige les propriétaires à anticiper les écarts de conformité entre deux référentiels, avant échéance, sous peine de perdre le bénéfice de la certification. Adopter la transition entre la WELL 1 et la WELL 2 exige une lecture précise des crédits disponibles et des prérequis manquants, souvent réalisés lors d’un pré-audit.

Pour les entreprises à la recherche de nouveaux locaux, la version du référentiel en vigueur dans un immeuble est un critère à prendre en compte. Un actif certifié v2 Gold offre une lecture plus fine de ses performances que le même niveau obtenu en v1, dont la grille d’évaluation ne distinguait pas l’acoustique du confort thermique. C’est cette lisibilité accrue qui intéresse les équipes RSE et les DAF : un indicateur précis par domaine vaut mieux qu’un certificat global [ancre du futur lien : certification WELL] difficile à défendre devant les parties prenantes.

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