Quels sont tes objectifs pour cette nouvelle édition de la MiniTransat ?
La Victoire ! J'ai construit ce projet dans ce sens. Après, compte-tenu du timing serré (construire un bateau en 1 an, puis j’ai enchaîné directement avec une Mini-Transat six mois après la mise à l'eau), si je finis sur le podium ce ne sera pas un échec, mais mon objectif est très clair, c'est la gagne.
Peux-tu nous dire quelques mots sur le bateau prototype avec lequel tu vas prendre le départ le 26 Septembre prochain ?
C'est un bateau avec une étrave ronde (un scow) ce qui le rend très puissant notamment avec du vent de travers. Il a également quelques systèmes très utiles pour la performance : une quille basculante et télescopique, un mât basculant, des safrans relevables. L'ensemble de ces systèmes rendent le bateau encore plus puissant. En revanche, comparé à d'autres prototypes, il reste relativement simple, cela correspond bien à ma manière de naviguer : l'essentiel des systèmes pour aller vite, pas de complexité superflue, de la fiabilité. Il est également équipé de dérives (et non pas de foils), encore une fois pour faire simple et efficace.
Comment on se prépare mentalement pour une traversée de l’océan Atlantique ?
Je n'ai pas de préparation mentale spécifique. Dans la multitude des sujets à préparer avant une Transat, je dois faire des choix, je travaille encore, je dois prioriser. Le mental est naturellement un de mes points forts, je m'attache donc à progresser dans d'autres domaines, et je passe également beaucoup de temps à préparer et vérifier le bateau. Pour partir confiant, je dois avoir confiance dans le bateau, c'est primordial.
Pendant la course, quels sont tes contacts, tes connexions avec le monde extérieur ?
Aucun contact avec la terre n'est autorisé pendant la course. Je reçois une fois par jour le classement et les prévisions météos par radio, envoyés par la direction de course. Je peux aussi parler à la VHF (radio émetteur à bord) avec mes concurrents lorsqu'ils ne sont pas trop loin, moins de 20 km environ. Mais vu que le course est longue je risque de passer plusieurs jours sans parler à personne, les autres concurrents seront sans doute trop loin.
Une (ou des) chanson(s) préférée(s) quand tu es en mer ?
Cela dépend du moment... Pour les instants de calme, comme en fin de journée si le vent est faible, je vais sans doute écouter du reggae au moment de l'apéro (Natural Mystic de Bob Marley). Lorsque je suis crevé et que je dois encore fournir un effort, pour déplacer les poids dans le bateau par exemple (matosser), je vais écouter du rap américain à fond (Drake, Wu-Tang, etc). J'ai également plusieurs longues interviews ou conférences à écouter.
Une rencontre marine, un lieu ou un moment fort qui t’a particulièrement marqué depuis que tu navigues ?
L'arrivée aux Açores en 2018. Après 12 jours à naviguer face au vent (souvent fort), j'arrive dans l'archipel au lever du jour avec le soleil qui se lève sur le mont Pico (le plus haut sommet de l'archipel), l'image est magnifique. Les heures suivantes, je suis à la "bagarre" avec 4 autres concurrents pour finir par être le premier de ce petit groupe à passer la ligne d'arrivée au bout de l'effort. Quelques minutes plus tard je retrouve toute ma famille sur les pontons pour le plus beau des accueils !