Nous avons le plaisir de vous présenter la quatrième édition de notre étude nationale des marchés de bureaux en régions. L’occasion de porter un regard unique sur 28 marchés, classés selon leur taille, mais aussi et surtout, de décrypter les dernières tendances qui animent les marchés de bureaux en France.
Au-delà des chiffres, l’originalité de l’étude porte sur les différentes échelles d’analyse : des très grandes métropoles, aux marchés de taille intermédiaire, en passant par le marché locatif de bureaux France entière. Une segmentation qui offre une finesse d’analyse quant aux dynamiques propres à chaque marché.
Pour étayer notre étude, la parole est donnée à nos agences de Dijon et Bordeaux afin de mieux comprendre leur marché respectif. Également, un grand témoin des marchés locatifs de bureaux français est mis à l’honneur : Norma Capital à travers son président Faïz Hebbadj.
Plus que jamais, ces évolutions structurelles viennent confirmer la pertinence du modèle développé depuis plus de 40 ans par le Réseau Arthur Loyd : un ancrage local, une connaissance fine des territoires et une vision globale du marché pour servir au mieux les intérêts du client.

En 10 ans, Bordeaux a complètement changé d’échelle. La ville est passée d’une métropole régionale attractive à une véritable alternative aux grands pôles tertiaires français. L’arrivée de la LGV en 2017 a été l’élément déclencheur de ce changement de dimension, reliant ainsi Bordeaux à Paris en 2h de train. Cette mue s’est accompagnée d’une accélération massive des investissements tant pour l’attractivité résidentielle que pour faciliter l’implantation des entreprises.
Bordeaux a depuis gagné en visibilité nationale mais aussi en maturité économique : c’est désormais une métropole en capacité d’attirer des entreprises de services à forte valeur ajoutée, comme des acteurs de la tech ou encore des sièges sociaux d’entreprises nationales.
Cette évolution s’est traduite par l’extension du centre de gravité de la ville. Bordeaux s’est profondément réinventée autour de grands projets urbains, comme Euratlantique, le plus grand projet urbain de France (hors Île-de-France). Les Bassins à Flot ont également participé à ce mouvement, avec la transformation d’anciennes friches industrielles en quartier mixte. La réhabilitation de la Rive Droite, avec le quartier de La Bastide notamment, envoie aussi un signal fort du rééquilibrage de la métropole.
Une véritable mutation qui a été par ailleurs accompagnée par le déploiement des mobilités : du transport en commun avec le tramway aux mobilités douces, les déplacements urbains ont été rendus lisibles et compactes.
Dans ce contexte, le marché des bureaux bordelais s’est professionnalisé. Pendant longtemps, le parc tertiaire était diffus, avec peu d’immeubles prime et une offre assez limitée. Aujourd’hui, plusieurs polarités sont identifiées. Bordeaux Euratlantique est devenu le cœur du développement tertiaire neuf, notamment pour les grandes surfaces et les utilisateurs recherchant accessibilité et image. Mériadeck reste un pôle tertiaire historique, mais se repositionne progressivement. Le secteur des Bassins à Flot connait une expansion notable grâce à une offre diversifiée autour de formats plus flexibles et créatifs.
Cette montée en gamme du marché s’explique par des fondamentaux solides : une démographie dynamique, un tissu économique diversifié, avec notamment un cluster aéronautique affirmé, des acteurs de la tech en pleine expansion ou encore un coût immobilier avantageux face à Paris ou Lyon.
Le marché bordelais se consolide et est entré dans une phase de sélection. L’enjeu de la prochaine décennie sera de répondre aux attentes des utilisateurs avec des actifs performants sur le plan énergétique, proposant une certaine flexibilité des usages, localisé dans des secteurs centraux et mixtes et permettant un équilibre entre coût immobilier et expérience collaborateur.
Mathieu de Gregori
Directeur Arthur Loyd Bordeaux
Qui est Norma Capital ?
Norma Capital est une société de gestion créée en 2015, spécialisée dans l’investissement immobilier en France. Nous gérons aujourd’hui près de 270 actifs représentant plus de 1,3 milliard d’euros sous gestion, avec des équipes basées à Paris et à Nantes.
Notre particularité est d’avoir construit un portefeuille diversifié, capable de s’adapter aux cycles immobiliers. Nous investissons dans les bureaux, les commerces, les locaux d’activité, la logistique, mais également dans l’hôtellerie et la santé. Depuis 2023, nous avons également initié un développement à l’échelle européenne, même si notre ancrage demeure majoritairement français.
Le bureau représente aujourd’hui environ la moitié de notre patrimoine. Le commerce constitue également une part importante de nos allocations, aux côtés des locaux d’activité et de la logistique de proximité. Notre approche consiste moins à respecter des quotas prédéfinis qu’à investir sur les classes d’actifs offrant le meilleur couple rendement / risque à un instant donné du cycle.
Au-delà des chiffres, nous avons également renforcé notre modèlede gestion intégrée. Cette proximité avec nos locataires nous permetd’entretenir un dialogue permanent avec les utilisateurs et de lesaccompagner dans leurs évolutions, avec une logique de fidélisationqui constitue aujourd’hui un véritable levier de création de valeur.
Quelles convictions derrière votre positionnement sur lesbureaux dans les métropoles régionales ? Et quels sont voscritères d’investissement ?
Notre conviction sur les métropoles régionales repose avant tout sur leurs fondamentaux économiques et démographiques. Depuis plus d’une décennie, plusieurs grandes villes françaises ont considérablement renforcé leur attractivité grâce au développement de pôles de compétences, d’établissements d’enseignement supérieur, d’infrastructures de transport performantes et d’écosystèmes économiques particulièrement dynamiques.
Nous pensons notamment à des métropoles comme Nantes ou Rennes, qui se sont imposées ces dernières années comme des pôles reconnus dans les activités liées aux nouvelles technologies. Elles ont su attirer des entreprises, des talents qualifiés et des investissements structurants, renforçant ainsi durablement leur attractivité. Certaines métropoles affichent aujourd’hui des trajectoires démographiques et économiques supérieures à la moyenne nationale. Pour un investisseur de long terme, ces dynamiques constituent des éléments particulièrement rassurants.
Pour le bureau, nous accordons une attention particulière à la qualité de l’emplacement. Nous recherchons des immeubles situés au cœur de quartiers vivants, accessibles en transports lourds, bénéficiant d’une véritable mixité urbaine associant bureaux, commerces, services et logements. Nous croyons à ce modèle de quartier, qui correspond davantage à la ville de demain recherchée par les utilisateurs qu’à des secteurs exclusivement dédiés aux bureaux.
Plus largement, nous sommes convaincus que le marché va continuer à se polariser. Les meilleurs immeubles, situés aux meilleures adresses et répondant aux attentes actuelles des entreprises, continueront d’attirer les utilisateurs et de créer de la valeur.
À l’inverse, certains actifs plus périphériques ou moinsadaptés devront probablement trouver de nouveauxusages dans les années à venir.
Quelles est votre lecture du marché etpercevez-vous de nouvelles attentes chez lesutilisateurs ?
Le marché locatif traverse aujourd’hui une phase d’attentisme particulièrement marquée. Les entreprises disposent de peu de visibilité sur leurs perspectives économiques et reportent un grand nombre de décisions immobilières. L'activité locative se poursuit mais à un rythme nettement moins soutenu qu’auparavant.Comment définiriez-vous un « bon actif » de bureaux en 2026 ?
Un bon actif de bureaux en 2026 est d’abord un actif parfaitement positionné au sein de son marché. L’emplacement demeure le premier facteur de succès, mais il doit désormais s’accompagner d’une véritable qualité d’usage.Avez-vous une stratégie quant à la diversification de votre patrimoine ?
La diversification fait partie de l’ADN de Norma Capital depuis sa création. Notre objectif n’est pas de privilégier une classe d’actifs de manière dogmatique, mais d’arbitrer en permanence en fonction des opportunités offertes par le marché.Faïz Hebbadj
Président Norma Capital
Le marché des bureaux de Dijon s’est construit sur des fondations solides et durables. Sa position géographique exceptionnelle, au carrefour de Paris, Lyon, Strasbourg et de la Suisse, combinée à une desserte TGV performante (Paris en 1h30), en fait naturellement un territoire d’implantation attractif pour les entreprises. C’est un marché à taille humaine, porté en grande majorité par un tissu de TPE et PME locales qui lui confèrent une vraie résilience face aux aléas conjoncturels nationaux.
La géographie tertiaire dijonnaise est aujourd’hui bien lisible. Les parcs historiques localisés à l’est de la métropole – les Parcs de Mirande et de Cap Vert – ont été construits dès la fin des années 1980. Le nord de la métropole concentre désormais l’essentiel de la dynamique actuelle, avec l’écopôle Valmy et le secteur de la Toison d’Or et son parc technologique. Ces derniers conjuguent bureaux et commerces. Outre le quartier d’affaires Clémenceau, le centre-ville dijonnais dispose d’une offre tertiaire diffuse.
Les utilisateurs sont à l’image de ce territoire, assez hétérogènes avec une majorité de TPE et PME, des filiales de groupes nationaux, des entreprises issues du secteur pharmaceutique et, dans une moindre mesure, les services de l’État.
On retrouve également, et de plus en plus, des établissements d’enseignement supérieur privé qui viennent compléter l’offre universitaire déjà existante. Fait notable, Dijon compte près de 15 % d’étudiants parmi sa population.
Les aménagements urbains ont joué un rôle structurant dans cette trajectoire. D’une part, le développement économique a été favorisé à l’est et au nord de la métropole, afin de préserver le territoire viticole du sud. Le tramway, mis en service dans les années 2010, a été un véritable catalyseur pour ces parcs tertiaires. Une nouvelle ligne est d’ores et déjà en projet et devrait être mise en service en 2030. Le développement des mobilités douces a également renforcé l’attractivité du territoire pour les entreprises soucieuses du bien-être de leurs salariés. D’autre part, et bien que le centre-ville dijonnais permette peu de développement tertiaire, la reconversion du Centre Dauphine a permis de maintenir de grandes entreprises sur le territoire.
Bien que les perspectives macroéconomiques soient dégradées, les besoins immobiliers des entreprises, notamment pour des locaux neufs et efficients, restent palpables. Mais deux réalités s’affrontent : d’un côté, des décisions d’entreprises qui s’allongent, malgré des enjeux imminents concernant le Décret Tertiaire ou encore les nouvelles façons de travailler ; de l’autre, une offre neuve qui peine à se renouveler dans une conjoncture particulièrement contrainte pour les promoteurs et investisseurs.
Carine Provost
Directice Arthur Loyd Dijon