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Investissement & gestion d’actifs

Investissement immobilier d’entreprise : où investir et quelle stratégie adopter ?

Par Arthur Loyd, le 25 juin 2021 Date de dernière mise à jour : 31 août 2026
Investissement immobilier d'entreprise
Ce qu'il faut retenir
  • L’immobilier d’entreprise français a représenté près de 13,9 milliards d’euros investis en 2025, signe d’un marché qui retrouve progressivement de l’activité.
  • Le choix d’un investissement dépend moins d’une ville ou d’une classe d’actifs que de la qualité de l’emplacement, du locataire et du potentiel de relocation.
  • Bureau, commerce, logistique et local d’activité répondent à des stratégies différentes en matière de rendement, de risque et de création de valeur.
  • La performance énergétique, l’état technique du bâtiment et les conditions du bail influencent désormais directement la valeur d’un actif.

L’investissement immobilier d’entreprise attire des profils variés : investisseurs privés, foncières, fonds, family offices ou entreprises souhaitant diversifier leur patrimoine. Après plusieurs années marquées par la remontée des taux de financement et l’ajustement des valeurs immobilières, le marché français montre des signes de reprise. Arthur Loyd relève près de 13,9 milliards d’euros engagés en 2025 sur les principales classes d’actifs. Cette amélioration ne signifie pourtant pas que tous les immeubles se valorisent de la même manière. Les investisseurs restent sélectifs et privilégient les actifs capables de conserver une demande locative solide dans la durée.

La question « où investir ? » ne peut donc pas se limiter à choisir entre Paris, une métropole régionale ou une zone logistique. Une stratégie pertinente croise plusieurs facteurs : emplacement, qualité technique, profil des occupants, niveau du loyer, durée du bail, vacance locale et perspectives de revente. Un immeuble très bien situé mais techniquement obsolète peut nécessiter des travaux importants. À l’inverse, un actif moins central mais parfaitement adapté à son bassin d’utilisateurs peut présenter un profil de risque équilibré. L’analyse doit toujours partir du marché réel dans lequel s’inscrit le bien.

 

Où investir dans l’immobilier d’entreprise ?

Paris : rechercher les emplacements capables de rester liquides

Paris conserve une place singulière dans les stratégies patrimoniales. Son marché bénéficie d’une forte profondeur, d’une concentration d’entreprises et d’une demande pour les immeubles les mieux situés. Le Quartier Central des Affaires et les secteurs bénéficiant d’une excellente accessibilité restent particulièrement recherchés. Pour autant, la localisation ne suffit plus à garantir la performance d’un investissement. La qualité des espaces, la flexibilité des plateaux, la performance énergétique et la capacité à répondre aux nouveaux usages du travail jouent un rôle croissant.

Un investisseur qui recherche avant tout la préservation de la valeur privilégiera généralement un actif bien desservi, facile à relouer et capable de séduire plusieurs catégories d’utilisateurs. La profondeur du marché locatif facilite alors les arbitrages à long terme. Le prix d’acquisition doit toutefois rester cohérent avec la valeur locative de marché et avec les éventuels travaux à engager. L’étude du marché du bureau à Paris doit donc descendre à l’échelle du quartier et du micro-marché.

Lyon, Lille, Bordeaux ou Toulouse : raisonner par micro-marché

Les grandes métropoles régionales offrent d’autres possibilités d’investissement. Lyon, Lille, Bordeaux ou Toulouse disposent de bassins économiques diversifiés, d’infrastructures importantes et de marchés tertiaires installés. Leur intérêt ne réside toutefois pas dans une opposition simpliste avec Paris. Chaque ville présente des zones très recherchées et d’autres où le taux de vacance, l’offre disponible ou l’accessibilité peuvent peser sur la valeur.

La proximité d’une gare, d’un réseau de transports collectifs, d’un échangeur autoroutier ou d’un grand bassin d’emploi influence directement l’attractivité d’un actif. Pour le bureau, la qualité de l’environnement et des services devient également déterminante. Les investisseurs doivent ainsi comparer la demande placée, les transactions récentes, les loyers et les disponibilités sur chaque secteur. La connaissance locale permet souvent d’identifier des opportunités que les données nationales ne font pas apparaître.

Les zones logistiques et d’activités : privilégier les bassins économiques

Pour la logistique et les locaux d’activités, l’analyse géographique change d’échelle. La proximité des grands axes routiers, des bassins de consommation et des zones industrielles joue un rôle essentiel. Un entrepôt ou un local d’activité doit pouvoir répondre aux besoins opérationnels de plusieurs entreprises, et pas uniquement à ceux du locataire présent lors de l’acquisition. Cette capacité de relocation constitue un élément central de la liquidité de l’investissement.

Les locaux d’activités peuvent également offrir une diversification intéressante grâce à des opérations souvent plus granulaires que sur le marché des grands immeubles tertiaires. PME industrielles, artisans, entreprises de services et acteurs de la distribution recherchent des surfaces adaptées à leurs contraintes quotidiennes. L’investisseur doit néanmoins vérifier la qualité de la zone, les accès, la configuration du bâtiment et la profondeur de la demande locale. Le marché du local d’activité dépend ainsi fortement du tissu économique environnant.

 

Quel type d’immobilier d’entreprise choisir pour investir ?

Aucune classe d’actifs ne constitue systématiquement le meilleur investissement. Le bureau peut répondre à une stratégie patrimoniale comme à une approche de création de valeur. Le commerce repose davantage sur la qualité de l’emplacement et la solidité économique du locataire. La logistique dépend fortement des infrastructures et des caractéristiques techniques du bâtiment, tandis que les locaux d’activités s’inscrivent souvent dans des marchés plus locaux.

Type d’actifAtout principalStratégie adaptéePoint de vigilance
BureauMarché profond dans les localisations établiesPatrimoniale, Core+, Value-addVacance, emplacement et obsolescence
CommerceValeur liée à la qualité de l’emplacementPatrimoniale ou rendementSolidité de l’enseigne et niveau de loyer
LogistiqueActif lié aux grands flux économiquesDiversification ou rendementLocalisation et caractéristiques techniques
Local d’activitéMarché granulaire et diversité des utilisateursRendement ou diversificationProfondeur du bassin économique

Le rendement immobilier ne doit jamais être interprété isolément. Un taux attractif peut traduire un prix d’achat intéressant, mais aussi une vacance potentielle, un bâtiment vieillissant ou une échéance locative proche. Un actif offrant un rendement plus contenu peut présenter une meilleure visibilité grâce à son emplacement et à la qualité du locataire. Le prime yield sert donc de repère de marché, pas de critère de décision unique. L’investisseur doit surtout mesurer le rendement attendu après prise en compte des travaux, de la vacance, du financement et des frais liés à la détention.

 

Quelle stratégie d’investissement immobilier adopter ?

La stratégie Core pour sécuriser le patrimoine

Une stratégie Core vise des immeubles disposant de fondamentaux solides : emplacement établi, actif de qualité, locataire fiable et visibilité sur les revenus. L’investisseur cherche principalement à sécuriser un flux locatif et à préserver la valeur de son patrimoine. Les meilleurs actifs de bureau, certains commerces bénéficiant d’emplacements reconnus ou des bâtiments logistiques récents peuvent correspondre à cette logique. La création de valeur provient alors davantage de la détention dans le temps que d’une transformation importante du bien.

Le Core+ pour combiner revenus et potentiel de revalorisation

Le Core+ introduit une dose supplémentaire de risque. L’immeuble peut nécessiter quelques travaux, présenter une échéance locative à moyen terme ou afficher un loyer susceptible d’évoluer. L’objectif consiste à conserver un actif produisant déjà des revenus tout en identifiant un potentiel d’amélioration. La renégociation d’un bail, la modernisation des espaces ou une meilleure commercialisation peuvent soutenir cette revalorisation. Cette stratégie réclame une gestion plus active que la détention purement patrimoniale.

Le Value-add pour créer de la valeur par la transformation

Une stratégie Value-add recherche des actifs dont la situation peut être sensiblement améliorée. Restructuration, rénovation énergétique, changement de positionnement, division des surfaces ou remise en location font partie des leviers possibles. Le potentiel de rendement peut être plus important, mais le risque l’est aussi. L’investisseur doit notamment anticiper le coût réel des travaux, les délais administratifs et la durée nécessaire pour stabiliser l’immeuble. Une opération Value-add réussie repose autant sur le prix d’achat que sur la qualité du scénario de transformation.

 

Quels critères analyser avant un investissement immobilier d’entreprise ?

L’analyse locative constitue un premier filtre. La durée résiduelle du bail commercial, les possibilités de sortie du locataire, l’indexation, les garanties et le niveau du loyer déterminent la visibilité sur les revenus. Le loyer contractuel doit notamment être comparé à la valeur locative de marché. Un locataire qui paie sensiblement plus que le marché peut constituer un risque au moment du renouvellement ou de la relocation.

  • Étudier la qualité de l’emplacement et l’accessibilité du bâtiment
  • Vérifier la solidité financière et la pérennité du locataire
  • Comparer le loyer du bail aux conditions réellement pratiquées sur le marché
  • Identifier les travaux techniques ou énergétiques à prévoir pendant la détention
  • Évaluer la capacité du bien à être reloué ou revendu dans un scénario moins favorable

L’état technique mérite la même attention que la situation locative. Toiture, façade, chauffage, ventilation, climatisation, sécurité, accessibilité ou équipements électriques peuvent modifier sensiblement le coût réel d’un investissement. Une due diligence précise permet d’éviter d’acheter un rendement facial qui serait rapidement absorbé par les dépenses futures. Cette analyse doit également intégrer les évolutions réglementaires qui touchent le parc tertiaire.

 

Performance énergétique : un critère devenu incontournable

Le dispositif Éco Énergie Tertiaire concerne les bâtiments, parties de bâtiments ou ensembles de bâtiments accueillant des activités tertiaires à partir de 1 000 m² de surface concernée. La réglementation prévoit une trajectoire progressive de réduction des consommations énergétiques, avec des objectifs successifs à horizon 2030, 2040 et 2050. Les propriétaires et preneurs concernés déclarent leurs consommations sur la plateforme OPERAT. Pour l’investisseur, cette réglementation transforme la performance énergétique en véritable paramètre du business plan.

Un immeuble éloigné des standards attendus peut nécessiter des investissements importants dans son enveloppe, ses équipements ou ses systèmes de pilotage énergétique. À l’inverse, une rénovation bien pensée peut renforcer son attractivité auprès des entreprises et limiter le risque d’obsolescence. La qualité environnementale intervient ainsi dans la négociation du prix, dans la stratégie de travaux et dans la valeur future de l’actif. L’investissement responsable ne se résume donc plus à un objectif extra-financier : il touche directement la pérennité économique du patrimoine.

 

Comment arbitrer entre rendement, risque et création de valeur ?

La stratégie d’investissement doit partir des objectifs du propriétaire. Un investisseur qui recherche un revenu stable ne prendra pas les mêmes décisions qu’un acteur capable de supporter une période de vacance ou une restructuration. L’horizon de détention, le niveau d’endettement et la capacité à financer des travaux orientent naturellement vers certains actifs. Le bon investissement n’est donc pas nécessairement celui qui affiche le rendement le plus élevé au moment de l’achat.

La diversification peut également limiter l’exposition à un seul marché. Elle peut porter sur différentes classes d’actifs, plusieurs territoires ou des échéances de baux différentes. Un patrimoine associant bureau, commerce et activité ne réagit pas de la même manière aux évolutions économiques qu’un portefeuille concentré sur un seul segment. Pour construire cette allocation, les études de marché, les transactions comparables et l’expertise locale restent indispensables. L’accompagnement d’un conseil implanté dans le territoire permet notamment de confronter les hypothèses financières aux conditions réelles de commercialisation.

Jean-Baptiste ROCHMANN
Jean-Baptiste Rochmann

Jean-Baptiste Rochemann a rejoint Arthur Loyd en 2015 et accompagne aujourd’hui les investisseurs dans leurs stratégies d’acquisition et de cession d’actifs immobiliers tertiaires partout en France.

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