La crise sanitaire a entrainé de nombreux bouleversements depuis 2 ans, et rebat notamment les cartes et en termes d’aspirations de lieux de travail. L’incursion du télétravail ayant en effet déclenché un grand mouvement lors du premier confinement, de l’Ile-de-France vers les régions.
Un phénomène qui se poursuit aujourd’hui et bien que les chiffres concernant les mouvements de population soient encore peu nombreux, des tendances se dessinent en termes de créations d’emplois et de transactions immobilières dans le résidentiel, et cela pourrait perdurer dans le temps.
Le télétravail a en effet favorisé en partie la « fuite » des talents de la région parisienne. S’il est désormais possible de passer une majorité de sa semaine, week-end compris, dans un autre lieu que près de ses bureaux, de nombreux actifs envisagent la possibilité de vivre à 1h ou 2h de Paris en réfléchissant à une recomposition lieu de vie / lieu de travail.
Ce défi managérial incite certaines entreprises à revoir leur organisation en prenant en compte ces nouveaux usages et attentes de leurs collaborateurs. Le siège social, lieu de rencontres, d’apprentissage et de la vie de l’entreprise, voit son rôle se renforcer. Mais des sites satellites, hubs régionaux, voire abonnements à des espaces de coworking font désormais partie de la palette d’outils pour maintenir la cohésion des équipes tout en garantissant une certaine productivité.
D’autre part, de nombreuses métropoles régionales se sont montrées plus résiliantes et donc plus attractives avec un niveau de création d’emplois plus important que l’Ile-de-France, habituellement moteur de l’économie française, aujourd’hui en convalescence. Cela s’explique notamment par un grand nombre de secteurs représentés comme l’événementiel, la culture ou encore le tourisme, qui ont été les plus touchés pendant la pandémie.
Parmi les villes les plus plébiscitées pour vivre et travailler cette année, Lyon fait une nouvelle fois la course en tête suivie des deux autres très grandes métropoles, Bordeaux et Toulouse.
Ce qui ne veut pas dire que les plus petites agglomérations ne regorgent pas d’idées pour rendre leur territoire plus attractif.
Un classement sans surprise si l’on reprend l’exemple de la Métropole de Lyon, qui gagne environ 20 000 habitants chaque année depuis 10 ans. Cette dernière a néanmoins su renforcer son attractivité pendant la pandémie.
Dans la catégorie des « métropoles intermédiaires » Brest prend la première place du podium suivie de Tour, qui a su offrir aux travailleurs, sa proximité avec la capitale (1h de Paris), son grand bassin d’emploi et sa qualité de vie très appréciée avec, notamment, ses 600 hectares de verdure. Clermont-Ferrand ferme la marche en prenant la 3e place du podium.
Enfin, pour la catégorie des territoires de fraction inférieure, Valence confirme son attractivité année après année grâce à la connexion que lui confièrent ses 2 gares TGV mais également ses efforts entrepris sur la requalification de son centre-ville, son dynamisme économique et sa croissance de population équivalente à des métropoles de plus grande taille.
Deux indicateurs ont majoritairement participé à l’attractivité de ces territoires :
- L’investissement dans les infrastructures visant à capter le capital humain, en faisant grandir les campus, ou en améliorant l’offre de formation par exemple.
- Et l’amélioration de la qualité de vie à travers une offre culturelle diversifiée, un embellissement, voire une restructuration urbaine, une offre de services à la population et un coût du logement attractif.
Les villes étant à même de proposer une proximité avec la mer ou la montagne sortent souvent gagnantes de cette course à l’attractivité, bien que ce critère ne soit pas suffisant si l’on en juge la très bonne 3ème place obtenue par Strasbourg dans le Baromètre Arthur Loyd 2021.
