Elisa Givaudan | Bonjour Grégory, merci de nous accueillir aujourd'hui chez Startway. Est-ce que vous pouvez commencer par vous présenter un petit peu, présenter Startway, votre typologie d'utilisateurs ?
Grégory Ortiz | Startway, c'est une histoire d'entrepreneurs qui a démarré en 2008. Donc nous sommes aujourd'hui 3 associés et nous avons eu à l'époque 2 visions. Une première vision était de proposer des solutions immobilières flexibles pour les entrepreneurs et les créateurs qui ne trouvaient pas de solutions immobilières sans se mettre en risque financier. Et la deuxième vision que nous avions eue, c'était de commencer à proposer des solutions dites en tiers-lieux pour des salariés partants du constat ou de télétravail, terme qui est revenu à l'actualité. Le constat étant que les salariés sortaient des centres villes pour se loger et qu'ils allaient s'éloigner des sièges sociaux et qu'une solution tierce allait avoir sa place. Et plutôt en banlieue parisienne, sur des villes comme Arcueil, Cachan, Montrouge, Kremlin-Bicêtre, Montreuil. Et puis, en 2015, persuadés d'une profondeur de marché que la flexibilité allait rentrer au cœur des modèles des entreprises, en tout cas, la flexibilité immobilière et une volonté d'être présents, surtout en régions, et pas qu'à Paris, y compris dans les quartiers. Et aujourd'hui, écoutez, 13 ans après le début de l'histoire et après un COVID, on a un modèle qui s'est fortement enrichi. C'est que l'ensemble des entreprises aujourd'hui nous consultent. Pas que les entrepreneurs au démarrage, mais la PME, le très grand groupe, les administrations, le groupe La Poste et nous voilà aujourd'hui au moment où je vous parle avec 35 lieux en France, ce qui fait de Startway le premier réseau de coworking français en termes de maillage territorial.
Elisa Givaudan | Si on vient un petit peu sur l'actualité qu’a engendré la crise du COVID sur votre cœur de métier ?
Grégory Ortiz | On a inévitablement eu des départs de clients. Par contre, on a accompagné pas mal d'entreprises pour éviter aussi qu'elles soient en difficultés financières. On a eu une forte activité pendant le confinement, à la fin du premier confinement. Beaucoup d'entreprises très impactées par le COVID et de leur organisation et sur leur visibilité en termes de croissance ou décroissance d'effectifs sont venues se rapprocher du secteur du coworking pour comprendre qui on était, comment on fonctionnait, comment elles pouvaient intégrer le coworking dans leurs stratégies immobilières. Et on a une accélération par contre des signatures depuis le mois de septembre. On a une accélération de l'histoire. En fait, ça a été l'impact positif du COVID et on a ressorti nos offres de télétravail d’il y a une dizaine d'années.
Elisa Givaudan | Est-ce qu'on peut dire, du coup, que la crise sanitaire vous a permis d'attirer un nouveau public dans vos centres de co-working ?
Grégory Ortiz | Alors, ça nous a permis pas un nouveau public, mais ça a conforté le poids d'un certain nombre d'entreprises. Je pense notamment aux PME et aux grands groupes qui n'étaient pas forcément familiarisés avec ce mode de gestion ou ce mode d'immobilier. On a de plus en plus de grands groupes qui viennent nous voir. Ça, c'est la grosse tendance. Comment j'intègre de la flexibilité dans mon immobilier d'une façon générale ?
Elisa Givaudan | Diriez-vous que le coworking soit la solution idéale sur le long terme pour répondre à toutes ces problématiques, toutes ces questions qui ont été engendrées par la crise du COVID 19 ?
Grégory Ortiz | Sur les discussions que nous avons avec les grandes entreprises et administrations et les foncières, c'est en tout cas une tendance de fond, je pense, qui est en train de s'installer. Je pense que ça va faire partie, en tout cas, d'un des éléments de la stratégie immobilière des entreprises. Mais tout ne sera pas coworking. Tous les clients ne sont pas forcément faits pour le coworking.
Elisa Givaudan | Est-ce que vous avez la même typologie d'utilisateurs à Paris, en région, dans les grandes villes, dans les villes moyennes ?
Grégory Ortiz | Vous n'allez pas avoir les mêmes demandes en régions qu'à Paris. C’est-à-dire que les demandes parisiennes sont aujourd'hui plus conséquentes en termes de nombre de postes de travail. Par contre, vous allez avoir des grands groupes qui recherchent des solutions flexibles en régions. Ça, oui, ça s'accélère. On a de plus en plus de, on va appeler ça des télétravailleurs, ou en tout cas des salariés qui, dans le cadre d'accords de télétravail de deux ou trois jours par semaine, ont dit à leur entreprise : “Je vais travailler une journée à la maison. Par contre, je veux un lieu de travail pendant deux jours. Le reste, je vais venir au siège.” Et donc on a toute cette population-là, et notamment des parisiens qui se sont... L’exode, on l'a constaté en tout cas. Je pense à notre site d'Arcachon qui a ouvert cet été, de Marseille ou de Nice. On a eu beaucoup de clients parisiens qui sont allés sur ces villes-là, et à Bordeaux aussi, à Haillan, près de Bordeaux. Ça, ça a été une tendance de fond et qui se confirme même après, on va dire, le mois de septembre.



