Avec 755 000 m² commercialisés au T1 2022, le marché de l’immobilier logistique français est toujours orienté à la hausse, en progression de 5 % par rapport au début d’année 2021.
Ainsi demeure-t-il de très bonne tenue, enregistrant sa troisième meilleure performance observée depuis 2011. Ce bon démarrage s’inscrit néanmoins dans un climat global d’incertitudes. « À des problématiques déjà connues et maintes fois abordées, telle que la difficulté croissante à sécuriser des fonciers, viennent s’ajouter sur le court terme des incertitudes d’ordre électoral, en France, et géopolitique, liées à la crise ukrainienne. Les conséquences économiques de la crise sanitaire se font par ailleurs toujours ressentir, les tensions sur les chaînes logistiques amenant à une augmentation sensible des coûts de transport, amplifiés récemment par le renchérissement des coûts énergétiques » souligne Didier Terrier, Directeur Général d’Arthur Loyd Logistique.
Dans ce contexte, les utilisateurs ont cependant continué de prendre des positions fortes sur le marché français. La demande placée progresse ainsi dans tous les principaux pôles de la dorsale qui, avec 581 000 m² commercialisés, ont même connu leur deuxième meilleure performance enregistrée en 11 ans. La région francilienne s’affirme à nouveau comme pôle leader dans l’Hexagone, avec 248 000 m² acquis ou pris à bail, cela après une année 2021 exceptionnellement active pour Les Hauts-de-France. Ces derniers enregistrant néanmoins toujours une performance honorable, notamment du fait de la signature de 2 transactions XXL.
Fait marquant, les pôles secondaires sont en net retrait en ce début d’année, avec seulement 174 000 m² placés, soit leur plus faible niveau depuis 2015. « Habituellement animés par des transactions de grand volume réalisées à l’initiative d’acteurs de la grande distribution, ces différents secteurs n’ont connu aucune transaction de ce type en ce début d’année » explique Didier Terrier. Les retailers sont cependant demeurés fortement actifs sur la dorsale, à l’origine de 3 transactions XXL, réalisées à l’initiative de Lidl (à Ablis et sur le parc des Bréguières) et Intermarché (à Ablaincourt-Pressoir). Notons également la prise à bail par Jung logistique d’une surface de 60 000 m² à Illies, pour le compte de Heineken.
Conséquence de ces prises de position, le marché du neuf demeure plébiscité en France, représentant plus des deux tiers du volume global placé. Notons que 6 transactions ont plus spécifiquement porté sur des plateformes lancées en blanc sur la dorsale, pour un total de 209 000 m². « Illustration de la capacité d’adaptation des propriétaires, 5 de ces opérations ont plus spécifiquement porté sur des plateformes divisées » note Didier Terrier.
Le stock d’offre disponible sous 6 mois se reconstitue légèrement au T1 2022, atteignant 1,5 million de m² dans les pôles majeurs de la dorsale à la fin mars, soit une progression de 7 % par rapport au trimestre dernier. Cette augmentation dissimulant néanmoins des réalités variées selon les sous-secteurs. Stable en région marseillaise, à un niveau de 127 000 m², le stock progresse nettement en Hauts-de-France, atteignant 524 000 m². Il demeure particulièrement faible en Ile-de-France, avec 758 000 m² disponibles, et connaît une nouvelle contraction en région lyonnaise, en baisse de 40 % sur un trimestre. Le potentiel de développement connaît quant à lui une progression de 10 %, atteignant 6,6 millions de m² dans les pôles majeurs de la dorsale.
« La croissance économique française, bien que révisée récemment à la baisse, devrait continuer de soutenir le marché utilisateurs en 2022, pour peu que les différents facteurs d’instabilité s’estompent rapidement » ajoute Didier Terrier.

