contact
téléphone

Le futur du travail à distance selon Simon Sinek

29 avril 2021

Simon Sinek - auteur & consultant - nous donne son point de vue d'expert sur le télétravail & son évolution.

On ne présente plus Simon Sinek. Consultant pour les entreprises & l'armée américaine, auteur à succès [ Start with Why ; Leaders eat Last… ], il est un penseur de l'entreprise & de son rôle dans la société. Comme nous tous frappé de plein fouet par la crise sanitaire, on n'attendait pas moins de lui que de nous donner un avis fort & de recommandations claires pour passer au travers de cette crise sans précédent. 

son analyse de la situation met en avant 2 points clés

1. Le distanciel doit laisser de la place à l'échange informel

Ce qui se dégrade le plus dans les rapports entièrement digitaux, ce ne sont pas les réunions… Certes c'est souvent plus agréable d'échanger face à face, au bureau. Mais elles pâtissent assez peu de la situation. Certaines études montrent même que celles-ci gagneraient d'ailleurs en efficacité & en rigueur. Ce qui se dégrade le plus c'est l'entre deux réunions : les 3 minutes dans les couloirs avant qu'elle commence, la sortie de salle de réunion avant d'enchaîner ou de retourner à son bureau…

Or c'est dans cet entre-deux & au travers d'échanges informel que la confiance se créent entre les individus qui composent les entreprises : autour d'un café, d'un déjeuner, d'une discussion informelle entre deux points, en frappant de façon impromptue à la porte du bureau d'un collègue.

Même si ça paraît assez peu naturel, il faut, même à distance, laisser de la place pour les échanges non business. Un point sur l'humeur de chacun, un déjeuner d'équipe… pourquoi ne pas aussi les faire en virtuel ?

2. Les entreprises qui envisagent le full remote à long terme prennent un risque immense

Si le télétravail - même à 100% pendant quelques temps comme lors du premier confinement - permet aux entreprises de survivre et de continuer à avancer,  l'envisager sur le long terme est pour Simon Sinek hautement destructeur. En effet, de l'intégration des nouveaux collaborateurs à la solidification des relations de confiance entre les personnes, en passant par le brainstorming… Aucune technologie remote ne remplacera à 100% l'interaction directe entre les individus. La connexion humaine est au coeur de l'entreprise. 

Son analyse est sans appel : le retour au bureau est non seulement inévitable, mais surtout indispensable.


Retranscription & traduction de la vidéo

pour les non anglophones :)

Simon Sinek - The future of remote work.

La propriété intellectuelle de ces propos est entièrement celle de Simon Sinek / https://simonsinek.com/

"La confiance ne se forme pas dans les salles de réunion ou lors des conférences téléphoniques. Elle se construit lorsque nous sommes en mesure de nous connecter à un niveau personnel entre deux échanges formels et en dehors de nos obligations normales de travail. C’est pourquoi c’est encore plus difficile pour les équipes virtuelles et distantes. Il est crucial que nous créions des espaces, virtuels ou en personne, qui se consacrent simplement à passer du temps ensemble.

-

Croyez-en quelqu’un qui dirige une entreprise virtuelle depuis plus de dix ans : essayer de créer de la confiance sans le moindre contact humain est BIEN PLUS DIFFICILE. Et je pense qu’une des grosses erreurs que de nombreuses organisations font viennent du fait que - même si nous nous sommes raisonnablement bien adapté au travail à distance - on oublie le fait que la plupart des relation existaient AVANT le télétravail. Nous connaissons ces personnes.

Bon courage pour créer de la confiance avec quelqu’un qui est entièrement nouveau dans l’équipe et n’a jamais rencontré ses membres. C’est très différent. Rappelez-vous : on construit la confiance entre les réunions. Isaas Stern disant « la musique est ce qui se passe entre les notes ». Et bien la confiance est ce qui se passe entre les réunions :

On crée de la confiance en arrivant quelques minutes plus tôt et en discutant.

On crée de la confiance en sortant et continuant d’échanger sur la réunion.

On crée de la confiance en croisant quelqu’un dans les bureaux & en disant « Ca tombe bien. Je voulais échanger avec toi. »

On crée de la confiance en frappant à la porte du bureau de quelqu’un en disant « Tu as une minute ? ».

On crée de la confiance en disant « On déjeune ? ».

 

Et c’est la répétition de ces interactions sociales au bureau qui crée la confiance. C’est un peu comme le brossage de dents. Se brosser les dents pendant deux minutes, ce n’est rien. Mais si vous le faites deux fois par jour, tous les jours, vos dents sont saines.

Une interactions ne change rien. Mais la constance & la réitération de ces interactions humaines dans le temps : voilà ce qui crée ce qu’on appelle la confiance. Et c’est bien plus difficile à faire - pas impossible -  mais bien plus difficile à faire virtuellement. Maintenant il faut planifier ces moments car il n’y a plus « d’entre réunions ». On participe à la visio, et c’est fini. On fait la Visio et quand celle-ci se termine, on raccroche. Il n’y a pas d’interaction humaine. Il faut donc prévoir des moment d’échanges personnels. On peut littéralement faire des moments en équipe où dès le lundi on demande « comment vous sentez-vous ? j’ai une question drôle ou sérieuse pour vous et on va y répondre chacun notre tour. » Et on n’y pas business. Ou agenda. Ou résultats. On n’y parle pas de travail. On donne aux individus l’opportunité de partager ce qu’ils ressentent.

Par exemple, on peut organiser des déjeuner virtuels avec un groupe de personnes où on se connecte juste pour déjeuner. Et même en virtuel, il faut essayer de se rencontrer en groupe de temps en temps.

Les brainstormings - tout ce qui a à voir avec les idées - c’est impossible à faire virtuellement. La dynamique des idées n’est juste pas la même. On ne peut pas s’interrompre facilement. S’interrompre en virtuel, c’est grossier & disruptif. Dans la vraie vie, s’interrompre dans une réunion de dix personnes, c’est facile. Il peut y avoir 4 personnes qui parlent en même temps… et c’est sympa ! Parce qu’on est tous dans un flux de génération d’idées.

Je pense donc qu’on doit acceptes que, certes, la possibilité de télétravailler permet aux organisations de continuer à fonctionner et à avancer en ces temps de pandémie. Et les entreprises qui pensent qu’elle n’auront jamais besoin de revenir au bureau doivent se préparer à un choc. Ce que je pense qu’il va se passer… si je dois imaginer le futur du travail alors qu’on ne se rendait pas toujours compte qu’on avait cette composante du travail à distance jusqu’à ce qu’on y soit forcé… Je pense que ce qui va se passer dans tous les secteurs c’est que les choses vont devenir de plus en plus fluides. Les collaborateurs auront la possibilité de télétravailler quand ils le peuvent ou quand ils en ont besoin. On ne demandera plus à son manager « Jeudi prochain, ca te dérange si… ». On préviendra juste le matin par message « je travaille de la maison aujourd’hui ». Et ça sera accepté. Ce fera partie de notre mode de travail et sera beaucoup plus accepté socialement. On travaillera une demie journée au bureau, une demie-journée à la maison parce qu’on doit s’occuper de quelque chose. On ne passera plus de journée de congés pour des broutilles. La vie professionnelle sera juste plus souple.

Je pense que c’est ce qui va se passer… une équation plus équilibrée en quelque sorte."


Autres videos de Simon Sinek sur le même sujet

Les plus téléchargés

"Ma vie en télétravail" ... témoignage n°2

Dans le contexte actuel, le bureau représente parfois le seul lieu de sociabilité pour de nombreux salariés.

"Ma vie en télétravail" ... témoignage n°1

Après 1 an de pandémie, de confinements répétés et de télétravail imposé, Arthur Loyd fait le point sur l’état psychologique des actifs français, l’organisation des entreprises et l’impact causé sur l’immobilier de bureaux.

UN AN DE COVID : impacts humains, organisationnels et immobiliers pour les entreprises

Envahissant nos habitations en mars 2020 et entrainant des modes d’organisation difficiles, le télétravail partiel s'impose comme une composante de la vie des entreprises dans le "monde d'après". Il est d'autant plus primordial pour les sociétés désireuses d’instaurer ce mode de travail à long terme, de rester vigilantes quant aux conséquences psychologiques et sociales que ce dernier pourrait entrainer chez les collaborateurs.