Baromètre 2019 - Enseignements clés & téléchargement

2 décembre 2019
Baromètre immobilier Arthur Loyd 2019

Alors que les maires s’apprêtent à remettre en jeu leur mandat, la 3ème édition du Baromètre Arthur Loyd de l’attractivité et du dynamisme des métropoles françaises aide à comprendre le fossé qui se creuse entre les grandes métropoles et le reste du territoire. En 2018, face à la baisse généralisée des créations nettes d’emplois, seules les plus grandes agglomérations françaises résistent. Des résultats qui permettent de prendre la mesure du rôle prépondérant des élus locaux et de l’impact des politiques locales à l’aube des élections municipales. Découvrez le Baromètre de l'attractivité et du dynamisme des métropoles, Edition 2019.

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#1 : Une nouvelle géographie de l’emploi se dessine en France

En 2018, les créations nettes d’emplois baissent partout, mais les aires urbaines de moins de 500 000 habitants sont nettement plus impactées par le retournement de la conjoncture économique du pays.

Les grandes aires urbaines concentrent :

des créations nettes d’emplois dans le secteur privé en 2018, contre 63% en 2017

Les grandes métropoles régionales et l’aire urbaine de Paris font preuve d’une résilience certaine : ces territoires réussissent à créer en 2018 plus d’emplois qu’ailleurs en France, avec une croissance économique pourtant plus faible. Et l’écart de performance est encore plus frappant en ce qui concerne les créations d’emplois dans les Activités Métropolitaines Supérieures, ces filières économiques « stratégiques ».

Les grandes aires urbaines ne forment pas un ensemble homogène : Lyon, Montpellier, Toulouse, Rennes, Nantes ou Bordeaux brillent par leurs performances. A l’inverse, les taux de créations d’emplois de Saint- Etienne, Douai-Lens, Nice ou Rouen démontrent que la taille des aires urbaines n’est pas toujours synonyme d’effervescence économique. D’autres critères sont alors nécessaires pour mesurer dans sa globalité l’attractivité des territoires.

Au sein des aires urbaines, les proches périphéries enregistrent la plus forte dynamique de création d’emplois depuis 2009. Les « banlieues » voient leur rôle s’affirmer dans le paysage économique français :

Évolution de l’emploi salarié privé en France selon la distance à la ville-centre de 2009 à 2018

Avec un cumul de 8,7 millions d’emplois en 2018 dans le secteur privé, les proches périphéries des villes françaises constituent le premier employeur de France. Cette réalité économique n’est pas sans conséquences sur les politiques locales et va dans le sens d’une coopération territoriale renforcée.

Dans les villes-centres des aires urbaines, la croissance de l’emploi atteint +5% en moyenne depuis 2009. Mais le contraste est fort entre les petites et moyennes villes (+2%) et les plus grandes (+10%). Dans ces dernières, la recherche de centralité des entreprises consommatrices de bureaux joue à plein et vient renforcer le rôle moteur des quartiers d’affaires.

Le décrochage de l’emploi salarié (-1%) dans les espaces ruraux et périurbains isolés interpelle et met en relief la désertification économique croissante de certains territoires.

Le point de vue de l’économiste : Comment les communes doivent développer leur territoire

Les communes jouent un rôle fondamental dans la stimulation du tissu économique local et dans l’accompagnement des grandes mutations du siècle

Les Français soutiennent leurs maires et ces maires n’en peuvent plus. Avec 60% des Français qui font confiance à leurs élus locaux, ces derniers écrasent tous leurs concurrents politiques. Pourtant, aux prochaines élections municipales, en avril, un maire sur deux ne souhaite pas se représenter. Triste constat pour notre démocratie. Triste constat aussi, et surtout, pour notre économie. Car les communes jouent un rôle fondamental dans la stimulation du tissu économique local et dans l’accompagnement des grandes mutations du siècle.

Un seul chiffre suffit à résumer leur influence : les communes concentrent 53% de l’investissement public hexagonal. Or, pour transformer l’innovation en progrès, il convient d’investir dans les infrastructures, ces dispositifs qui encadrent toute notre économie. Pas de voitures autonomes sans changement de voirie, pas de transition énergétique sans mobilités nouvelles, pas d’économie de la connaissance sans école publique, pas d’innovation sans clusters locaux, pas d'ascension sociale sans rénovation urbaine.

En bref, quand on parle d’avenir local, on parle d’investissement communal. Le constat est valide pour les territoires en déshérence comme pour les grands gagnants de la compétition économique mondiale. Le Baromètre Artur Loyd sur l’attractivité des aires urbaines françaises nous révèle qu’en 2018 les créations d’emploi se sont essoufflées en France et particulièrement dans les espaces ruraux et les zones périurbaines éloignées des métropoles. Il est donc temps de lever le voile sur le rôle majeur joué par les communes dans le développement économique.

Comment nos maires et leurs équipes peuvent-ils développer leur territoire ? Doit- on renforcer ou réduire leur autonomie fiscale ? L’action locale se complète-t-elle intelligemment avec la politique nationale ? Les communes jouent un rôle indispensable de chef d’orchestre des projets locaux. Une fonction qui s’exerce dans un cadre en demi-teinte, à la fois propice et défavorable à l’efficacité de leur action. Propice car la règle d’or budgétaire favorise l’investissement au détriment des dépenses de fonctionnement. Défavorable car les services communaux souffrent parfois d’un manque de compétences techniques et doivent investir dans le capital humain.

Tout d’abord, la commune joue la fonction centrale de chef d’orchestre local. Dans les périodes d’innovation et de complexification du monde, la mise en œuvre d’ambitieuses politiques locales repose sur la connexion d’acteurs variés qui n’ont pas l’habitude de travailler ensemble. L’élu local relie, connecte, compose, propose, guide. Le mythe du maire bâtisseur est déboulonné par celui du maire organisateur. Pour construire une économie circulaire, développer des éco- quartiers, décarboner les usages, l’élu local joue le rôle de facilitateur et met en musique les techniciens, les financiers, les urbanistes. Les travaux de la sociologue Marie Dégremont-Dorville ont ainsi montré le rôle capital des élus locaux dans les transitions énergétiques territoriales. En théorie, la solution optimale face au réchauffement climatique est l’instauration d’une taxe carbone mondiale. En pratique, c’est l’action quasi-visionnaire des élus locaux qui crée les conditions réelles de la transition.

Ensuite, l’intervention communale bénéfice d’un cadre qui fait rêver de nombreux économistes, la règle d’or budgétaire. Les municipalités ne peuvent s’endetter que pour financer l’investissement. Les dépenses de fonctionnement doivent ainsi être couvertes par les recettes. Ce cadre drastiquement efficace s’inspire des travaux de deux prix Nobel d’économie, Finn Kydland et Edward Prescott. Puisque les acteurs politiques sont soumis à des incohérences temporelles, une décision bonne à court terme ne l’est pas forcément à long terme. Il convient donc de fixer des règles indépassables comme l’autonomie des banques centrales ou la règle d’or budgétaire, le schuldenbremse en allemand.

“État central doit urgemment mettre ses compétences à disposition de toutes les communes”

 

Enfin, et, malheureusement, l'action publique locale pâtit parfois d’une faiblesse de capital humain. Historiquement, en France, les meilleurs connaisseurs des arcanes de la politique économique peuplent les administrations centrales, pas les hôtels de ville. Les grands corps, l’ENA et la haute administration siphonnent les vocations publiques des ingénieurs et des financiers de qualité. La création de l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), votée en juillet dernier, est censée pallier le manque d’ingénierie des collectivités les plus fragiles. La logique doit être étendue et l’Etat central mettre urgemment ses compétences à disposition de toutes les communes. Pour que la collectivité soit gagnante dans l’externalisation de la gestion d’un stade, d’une blanchisserie hospitalière, d’un aéroport ou même simplement dans la construction d’une quelconque infrastructure, elle doit investir dans des spécialistes qui mettront la pression sur l’entreprise concernée. La réussite de la collaboration publique- privée nécessite des profils de haut-vol dans la collectivité.

Une commune chef d’orchestre local, encadrée par une règle d’or budgétaire et qui doit investir sur des profils de qualité

Une commune chef d’orchestre local, encadrée par une règle d’or budgétaire et qui doit investir sur des profils de qualité. Voici la recette de l’action économique locale. Mais pour faire quoi ? Comment créer de la richesse sur un territoire ?

Schématiquement, deux politiques existent : attirer les populations et les entreprises qui résidaient sur d’autres territoires ou faire croître les entreprises et la qualité des emplois déjà présents sur place. La première stratégie est bénéfique localement mais a peu d’intérêt national quand la seconde combine les deux.

Première stratégie donc, attirer des habitants ou des entreprises installés

ailleurs. Le territoire d’accueil s’enrichit de la consommation des ménages ou des emplois captés et le territoire de départ s’en appauvrit. Quand un retraité quitte une métropole pour s’installer à la campagne, il s’agit ainsi d’un transfert de valeur, pas d’une création nette. La rationalisation des services publics a incité ces dernières années les communes à mener d’offensives politiques de peuplement pour conserver leur hôpital, leur école, leur caserne.

Seulement, les mairies n’essayaient pas de stimuler le taux de natalité de leur territoire ou d’y améliorer la durée de vie en bonne santé mais plutôt de capter des populations. L’édification de zones pavillonnaires éloignées des bourgs permet par exemple d’attirer de jeunes ménages. Les campagnes de publicité de grandes villes chez leurs voisines visent à attirer les travailleurs les plus mobiles.

 

La concurrence entre territoires peut inviter à innover et c’est une excellente nouvelle. Mais lorsque l’objectif est simplement de capter la valeur présente chez le voisin, l’allocation des moyens devient sous- optimale.

Deuxième stratégie, faire croître les entreprises et la qualité des emplois qui existent déjà sur le territoire. L’ouverture d’espaces de coworking pour créer des effets de réseaux, le développement de filières d’économie circulaire, le soutien à l’innovation et à l’enseignement, l’essor de filières industrielles locales ou encore la labélisation de produits agricoles renforcent l’économie locale sans affaiblir d’autres territoires. Populations et entreprises exogènes suivront peut-être mais l’économie nationale sortira enrichie de la politique locale. Le Baromètre d’attractivité Arthur Loyd nous montre ainsi que c’est la stratégie d’une métropole comme Clermont-Ferrand qui investit sur la connectivité, le capital humain, l’innovation et en retire de belles performances économiques. L’architecture des lois de décentralisation, de la fiscalité locale ou encore des services publics doit tout mettre en œuvre pour que les communes visent cette croissance endogène.

Cette année, le Baromètre Arthur Loyd révèle que les métropoles continuent d’attirer pendant que le tocsin sonne dans certains territoires. Côté emploi, la dynamique est concentrée sur les grandes métropoles régionales (92 000 emplois) et la région parisienne (80 000 emplois) quand le reste de la France pâtit d’un solde bien maigre (33 000 emplois). L’arc ouest – sud-est (de Rennes à Lyon en passant par Bayonne et Toulouse) attire particulièrement les jeunes diplômés. L’analyse selon le degré d’urbanité depuis 2009 révèle la souffrance économique des territoires ruraux et périurbains isolés. Les périphéries proches des métropoles mènent la danse (+8% d’emploi total), suivies des villes centres (+5%) et des couronnes périurbaines (+4%). À l’inverse, les espaces ruraux et périurbains isolés décrochent (-1%). La décroissance est à l’œuvre dans nos campagnes. La crise des gilets jaunes a donné du relief médiatique au phénomène, de nombreux essais sont venus l’analyser et des romans à succès content l’itinéraire de ces territoires.

Alors que faire ? Mener une politique ambitieuse dans les NBIC (nanotechnologie, biotechnologie, informatique et sciences cognitives) pour continuer de créer de la valeur et des emplois dans les métropoles. Et en tirer des bienfaits dans l’industrie, l’agriculture, le tourisme, les services numériques pour raccrocher les territoires délaissés.

Pour que la croissance des grandes villes tire le reste du pays, la première exigence est de connecter tous les bourgs de France à la fibre. Les entrepreneurs locaux cesseront de devoir exiler leurs équipes pour grandir. Les travailleurs nomades pourront réellement s’installer aux quatre coins de l’Hexagone.

Le prochain acte de décentralisation, prévu pour 2020, devrait élargir le champ d’action des communes et des intercommunalités sur le transport, l’énergie, le logement. L’accélération des transitions économiques et écologiques locales pourra alors vitaliser les territoires. C’est la stratégie d’une métropole comme Grenoble, d’une communauté de communes rurales comme Le Mené, en Bretagne, de territoires insulaires comme Ouessant, Sein et Molène, ou encore de la région Hauts-de-France. Avec ces nouvelles compétences doivent venir des responsabilités politiques et financières. Politiques via le suffrage universel qui doit être étendu aux présidents d’intercommunalités. Financières via la réforme de la fiscalité locale qui doit aligner les ressources et les actions. Un nouveau pacte de décentralisation deviendra alors possible pour que nos territoires retrouvent le moral. Et leurs maires avec.

 


Quartiers-gares : des quartiers d’affaires vitrines pour les métropoles

Qu’est-ce qui motive le renouvellement d’une gare ?

- L’arrivée d’une Ligne à Grande Vitesse (LGV)

Favoriser l’émergence d’un hub multimodal et renforcer l’utilisation des transports en commun

- Requalifier de grandes parcelles foncières (ex. industrielles, ferroviaires...) - Transformer des quartiers de gares anciens et parfois peu attractifs

Quelques caractéristiques communes de ces quartiers :

- De grands projets urbains

- La création d’un quartier d’affaires

- La réalisation de programmes de logements, de bureaux, de commerces, de services... - Une ambition urbanistique et architecturale revendiquée

Et les quartiers d’affaires ?

- Un marché tertiaire qui se dynamise avec la construction d’immeubles de bureaux neufs

- Permettre l’arrivée d’entreprises exogènes souhaitant conserver un lien fort avec Paris

- Pour les entreprises, utiliser les bureaux comme vecteur d’attractivité pour fidéliser et attirer les talents - L’arrivée d’opérateurs de coworking

 

Les promesses d’un quartier-gare, pourquoi ces projets suscitent l’intérêt ?

□ Une nouvelle centralité

Volonté de créer de nouveaux quartiers d’affaires, très bien desservis, (les gares sont déjà des hubs multimodaux) où se concentrent les emplois, notamment dans le « tertiaire supérieur ». Sans parvenir à remplacer les centres historiques des métropoles, les quartiers-gares portent l’ambition de créer des espaces à la fonctionnalité mixte et qui sauront attirer et maintenir les populations. Un pari ambitieux pour les métropoles et dont les effets vont se vérifier dans les années à venir pour les quartiers qui sont encore en phase de transformation.

□ L’ouverture du grand Ouest : Rennes, Nantes & Bordeaux

Longtemps appelées et considérées comme de « belles endormies », les 3 villes sont en train de vivre une vraie renaissance. Elles attirent de jeunes actifs comme des familles, souvent franciliennes, qui sautent le pas pour profiter des aménités qu’offrent des métropoles très bien reliées à Paris et au reste du territoire. L’afflux de nouvelles populations qualifiées dans ces métropoles vient renforcer la présence sur ces territoires d’un capital humain nécessaire à l’essor de l’économie de la connaissance. Le renforcement des bassins d’emplois conjugué à la présence de talents et au développement des capacités d’accueil pour les entreprises constituent des signaux positifs pour les décideurs économiques, qui peuvent s’implanter ou se développer sans craindre le manque de main d’œuvre. Il n’est donc guère surprenant de voir ces trois aires urbaines gagner près de 250 000 habitants entre 2010 et 2016 !

□ Le coworking : une manière de travailler plus flexible

Les opérateurs de coworking s’exportent en régions et ouvrent par exemple à Bordeaux ou Lyon des centres dans les nouveaux quartiers-gares. La stratégie ? Capter des start-up, PME ou des équipes projet de grands groupes à proximité directe des grandes infrastructures de transport. Pour la cible des chefs d’entreprise et collaborateurs « hyper-mobiles », faisant la navette entre Paris et les métropoles régionales, il s’agit alors de leur offrir un accès aux mêmes prestations et services à l’occupant. Les premiers grands opérateurs de coworking à avoir sauté le pas sont Wojo, Spaces ou encore Wellio...

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