Le foncier économique pourrait venir à manquer pour permetre l’implantation des projets liés au verdissement de l’économie
Estimations des besoins fonciers liés à l’émergence des filières vertes
Les projets d’investissement dans les filières de transition climatique sont probablement les meilleurs symboles de la transition énergétique actuellement à l’œuvre dans l’Hexagone : centrales photovoltaïques, fermes éoliennes, gigafactories de batteries, usines liées à l’hydrogène vert, etc.
Ils sont également la traduction concrète de décisions politiques – parfois via des subventions publiques – qui vont dans le sens d’un renforcement de la souveraineté économique de la France, et de la réduction des dépendances vis-à-vis de l’extérieur1. Pourtant, cette transition verte pourrait être contrainte ou fortement ralentie du fait de la mise en œuvre de l’objectif ZAN, qui va entraîner, nous l’avons déjà développé dans la partie 2 de l’étude, une accentuation de la pénurie foncière qui sévit d’ores et déjà dans de nombreux territoires.
D’après nos calculs, les besoins fonciers théoriques pour les filières liées à la transition climatique en France métropolitaine sont compris entre 846 ha et 2 672 ha par an, en fonction du mode de comptabilisation des parcs photovoltaïques, par nature très consommateurs d’espace : dans le premier cas, ces derniers sont comptabilisés selon leur occupation foncière réelle2 ; dans le second, ces parcs, sont comptabilisés à hauteur de 100 % des emprises foncières annoncées par leurs promoteurs. Au total, les filières vertes pourraient représenter entre 7 % et 21 % de l’enveloppe d’artificialisation des sols que la France s’est fixée au cours de la période 2021-2030. Une limite toutefois à notre analyse : cette fourchette exprime des besoins fonciers, sans que soit précisée la nature des terrains nécessaires : ENAF ou sites déjà artificialisés (tels que d’anciennes friches).
L’industrie – et a fortiori les filières liées à transition climatique – vont probablement souffrir d’un renforcement de la concurrence d’autres destinations (logement, commerce, bureaux, etc.) aux prix de sortie des opérations plus attractifs que l’industrie3. Au-delà de l’hostilité des habitants que peuvent générer les projets industriels4, il existe un réel risque d’éviction de nombreux territoires pour les filières vertes.
Dit autrement, l’industrie verte et les Energies renouvelables pourraient manquer de terrains d’accueil du fait d’une politique de sobriété foncière trop ambitieuse à l’horizon 2030.


