Hours, Genvia, accompagnement des transitions : Viaterra se réinvente

La structure d’aménagement de la Ville de Béziers et de Béziers Méditerranée, présidée par Robert Ménard, fêtera ses 60 ans au printemps prochain. Zoom sur ses projets, et sa nouvelle méthode.

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De commercialisateur de foncier à accompagnateur d’entreprises 

La Société d’Économie Mixte Viaterra (25 salariés) fêtera au printemps ses 60 ans et se renouvelle. « Pendant longtemps, Viaterra a été commercialisateur de foncier. Aujourd’hui, on est moins sur la vente classique de foncier. Certaines entreprises qui souhaitent s’implanter recherchent des prestations clé en main. Nous accompagnons davantage leur implantation, en étant vigilants sur la nature de leur activité, mais aussi sur leur dimension sociétale et environnementale », explique Joël Daures, directeur général de Viaterra. 

Il s’agit de s’adapter aux différentes transitions qui ont impacté le monde du développement économique : « Les Gilets jaunes, une rupture sociale ; le Covid, qui a marqué une forte accélération de l’usage du numérique dans les modes de vie ; enfin, une prise de conscience très forte du réchauffement climatique. Nous devons l’intégrer dans tous nos projets. C’est incontournable. » 

Concrètement, Viaterra a révisé ses critères de sélection. Place, désormais, à la qualité architecturale, à la qualité d’isolation des bâtiments (menuiseries, exposition…), à l’usage raisonné de foncier (avec une emprise au sol de 50 %, pour limiter la consommation de terres agricoles et d’espaces naturels), au volet énergétique (bâtiments à énergie positive), à la décarbonation de la construction, à la plantation d’arbres, aux espaces paysagers, à la production d’énergies renouvelables avec une autoconsommation élargie sur 2 km autour des pôles de production, à la préservation de la ressource en eau… Ce qui suppose « une acculturation du personnel à ces enjeux », souligne-t-il.

 

Zac de l’Hours : l’opération du Diadème sur les rails 

Une opération mixte va voir le jour dans le quartier de l’Hours, à Béziers, destiné à devenir un vrai quartier d’affaires, proche de la gare TGV. Le Diadème, porté par Viaterra, JLV Promotion (Jean Vernette) et Michel Estève, déploiera 14 000 m² de surface de plancher, avec 84 logements, des surfaces de commerces et de services (dont des activités médicales) et de bureaux, et 338 places de parking sur 15 000 m². Architecte : Sébastien Vernette Architecture. La première pierre a été posée le 25 septembre. La livraison se fera par tranches : une première tranche livrée au 3ème trimestre 2024, une 2ème tranche au 1er trimestre 2025 et une 3ème tranche au 4ème trimestre 2025. 

Cette opération vient prouver « la diversification de l’activité de Viaterra. Nous allons à présent jusqu’à la construction et la promotion immobilière : locaux commerciaux, opérations tertiaires et habitat. Ce sont pour nous de nouveaux métiers et nous nous sommes dotés des ressources humaines, techniques et financières adaptées à ces nouvelles activités », indique Joël Daures.

 

Genvia : cap sur la gigafactory 

Un fleuron de l’hydrogène décarboné, à portée mondiale, pourrait sonner le renouveau industriel de Béziers. La France et l’Europe ont en effet annoncé, en septembre 2022, soutenir le projet de Genvia d’installer une ligne pilote de production d’électrolyseurs et de piles à combustibles. Celle-ci a été inaugurée le 8 juin 2023. 

Start-up issue du CEA et détenue aussi par Schlumberger New Energy, Vinci Construction, Vicat et la Région Occitanie, Genvia va industrialiser progressivement sa technologie de rupture dans la production d’hydrogène décarboné : l’électrolyse à haute température. Elle est à ce jour incubée dans l’usine de Schlumberger (directeur : Luc Mas), qui fabrique des équipements de sécurité pour l’industrie gazière et pétrolière et emploie environ 400 salariés. 

Reste à savoir où sera localisée la future gigafactory. « Nous sommes à leur disposition. Nous travaillons avec eux de façon étroite depuis un an et demi. Ils finalisent leur programme technique et fonctionnel », glisse Joël Daures. Il s’agit aussi de concevoir un véritable lieu de vie qui pourra concilier à la fois l’activité professionnelle, les espaces de loisirs, de résidence… qui caractérisera la construction d’une gigafactory du 21ème siècle. Autour du coeur de métier, l’industrie, viendra se greffer une forte dimension environnementale. La gigafactory sera connectée à son environnement : « transports, enseignement, formation, innovation, start up… ».

Le 16 octobre, en conseil communautaire de Béziers Méditerranée, une convention pré-opérationnelle a été approuvée, visant à céder 49 hectares de la Zac de Mazeran Sud, à Béziers, par Viaterra, à l’EPF (Établissement public foncier) d’Occitanie. Une convention qui prépare la potentielle installation de Genvia (même si aucune décision officielle n’est annoncée à ce jour). L’engagement financier de l’EPF est de 8 M€. 

Pourquoi maintenant ? « Il y a très longtemps, plus de 10 ans, qu’il n’y a pas eu de réserve foncière créée pour de l’activité économique, confie Joël Daures. Il faut préparer l’avenir du territoire, en prévoyant des activités de production, artisanale ou industrielle. Rappelons que Béziers est un territoire industriel. L’implantation des activités tertiaires et de services sera favorisée plutôt en ville à travers des opérations de requalification urbaine ». 

Et Viaterra donne, sur ce point, l’exemple : « Nous avons vendu nos anciens bureaux à l’entreprise Dev’ENR (Stéphane Bozarrelli). Ses salariés sont contents : ils viennent à vélo, habitent et consomment en centre-ville… Le centre-ville doit aussi développer de l’emploi et de la formation professionnelle comme de l’enseignement supérieur pour accueillir de nouvelles populations et consolider le renouvellement urbain. »

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