L’étude Arthur Loyd consacrée au marché 2014 montre une relative résistance de l’immobilier de bureaux à Lille Métropole, malgré un environnement économique peu dynamique. Le marché des locaux d’activité est davantage affecté, principalement par la disparition de grandes transactions, tandis que la logistique retrouve de l’activité au second semestre.
Le principal enjeu du marché tertiaire tient moins au volume global des transactions qu’à la qualité de l’offre disponible. Le stock de bureaux de seconde main reste élevé et comprend une part importante de surfaces vieillissantes, alors que l’offre neuve est limitée. Dans le commerce, la demande se concentre parallèlement sur les meilleurs emplacements, avec une pression accrue sur les sites secondaires.
Les chiffres clés à retenir
- Bureaux : 164 548 m² transactés en 2014, soit une baisse de 4,5 % sur un an mais un niveau pratiquement égal à la moyenne des dix dernières années
- Environ 200 000 m² de bureaux de seconde main disponibles, soit l’équivalent de 2,6 années de transactions
- 247,3 millions d’euros investis en bureaux, meilleure performance enregistrée depuis cinq ans
- Environ 136 000 m² de locaux d’activité transactés, en baisse de 25 % par rapport à 2013
- 330 000 m² de locaux d’activité disponibles à six mois, un stock en hausse de 10 % sur un an
- 12 000 m² seulement de clés-en-main en logistique, très loin de la moyenne annuelle de 150 000 m² indiquée par l’étude
Les bureaux résistent mais le marché manque d’offre neuve
Avec 164 548 m², le marché tertiaire lillois conserve un volume global solide. Cette performance repose cependant largement sur les opérations en clés-en-main, qui représentent environ 52 000 m². Le neuf hors comptes propres et la seconde main enregistrent des volumes plus modestes.
La dynamique se situe surtout sur les surfaces inférieures à 1 000 m², dont le volume progresse de 17 %. La tranche de 250 à 500 m² atteint même son meilleur niveau depuis dix ans. À l'inverse, les grandes opérations de plus de 1 000 m² reculent fortement après les niveaux élevés observés en 2013.
La location demeure dominante, avec environ 80 % des surfaces placées. L’étude observe également un mouvement marqué vers la seconde main : près de 60 % des mutations analysées restent dans des immeubles de seconde main et 27 % correspondent à des entreprises quittant du neuf pour de l’ancien. La recherche d’économies apparaît comme l’un des moteurs de ces arbitrages.
Un marché tertiaire très concentré géographiquement
Environ 70 % du volume de transactions se concentre sur Lille, Euralille/Lille Gares et les Grands Boulevards, mais les évolutions sont très différentes. Euralille recule fortement faute d’offre neuve disponible, tandis que les Grands Boulevards doublent leur volume par rapport au faible niveau de 2013 et retrouvent leur moyenne de long terme.
Sud Métropole–Haute Borne progresse nettement, porté par la seconde main. À l'inverse, Roubaix–Tourcoing et la Rocade Nord-Ouest enregistrent des volumes sensiblement inférieurs à ceux de 2013. Villeneuve-d’Ascq Centre-ville reste presque à l’arrêt malgré les projets de développement identifiés dans l’étude.
Le stock de seconde main pèse sur les valeurs de bureaux
Après quatre années de hausse, le stock global de bureaux diminue d’environ 30 000 m². Cette amélioration ne supprime toutefois pas le déséquilibre du marché : le stock de seconde main reste proche de 200 000 m² et plus de la moitié de l’offre globale, soit environ 130 000 m², correspond à des locaux en état d’usage ou nécessitant une rénovation.
Cette abondance d’immeubles anciens exerce une pression sur les loyers. Les valeurs sont globalement décrites comme stabilisées après plusieurs années d’ajustement, mais la seconde main continue à se déprécier dans certains secteurs. Le neuf résiste davantage en valeur faciale, avec néanmoins des mesures d’accompagnement commerciales.
L’étude identifie ainsi la rénovation des immeubles anciens et la transformation de bureaux devenus inadaptés vers d’autres usages, notamment le logement, comme deux leviers importants pour réduire la suroffre.
L’investissement en bureaux atteint un plus haut sur cinq ans
Le marché de l’investissement contraste avec la prudence observée chez les utilisateurs. Les montants investis atteignent 247,3 millions d’euros en 2014, contre 144,4 millions en 2013. Euralille/Lille Gares concentre à lui seul environ 80 % des montants.
Les investisseurs privilégient les actifs récents, loués et implantés sur des marchés tertiaires établis. Les investisseurs institutionnels représentent 75 % des surfaces acquises et 78 % des montants concernent des immeubles récents de seconde main déjà loués. Dans ce contexte, l’étude constate également une baisse sensible des taux de rendement.
Les locaux d’activité pénalisés par l’absence de grandes transactions
Le marché des locaux d’activité et entrepôts atteint environ 136 000 m², soit 25 % de moins qu’en 2013. Cette contraction ne touche cependant pas toutes les tailles de locaux : les transactions inférieures à 3 000 m² restent proches de leurs références habituelles. Le recul provient principalement des surfaces supérieures à 3 000 m².
Le neuf ne représente plus que 9 % du volume, son plus faible niveau depuis sept ans. Parallèlement, le stock disponible progresse de 10 % à 330 000 m². Contrairement au marché des bureaux, l’étude considère néanmoins que l'offre reste globalement équilibrée compte tenu de l’hétérogénéité des besoins, et les valeurs locatives demeurent stables.
Les bassins Sud et Nord-Est concentrent 83 % des transactions. Le bassin Ouest ne représente que 17 % du marché, mais accueille proportionnellement davantage d’offre et joue un rôle important dans la production de bâtiments neufs.
Logistique et commerce : des marchés de plus en plus sélectifs
En logistique régionale, 2014 démarre lentement avant une nette reprise au second semestre, durant lequel plus de 150 000 m² sont placés. Plus de 90 % des transactions concernent des bâtiments de classe A. Deux opérations dépassent 40 000 m² : La Redoute à Wattrelos et Orchestra à Lauwin-Planque. L’étude souligne toutefois un manque de grands bâtiments de classe A disponibles, ainsi qu’un niveau très faible de clés-en-main.
Dans le commerce, la tendance est à une concentration croissante sur les emplacements les plus performants. À Lille, les enseignes privilégient davantage les rues dites « numéro 1 », tandis que les emplacements secondaires sont fragilisés. L’étude relève aussi davantage de renégociations de loyers et d’arbitrages de réseaux de magasins.
La rue Faidherbe bénéficie d’un renouvellement significatif de son offre commerciale, tandis que plusieurs mouvements d’enseignes renforcent le positionnement haut de gamme du Vieux-Lille. Sur les principales rues, les valeurs locatives observées atteignent notamment 2 000 à 2 200 €/m²/an rue de Béthune et rue Neuve et 1 800 à 2 000 €/m²/an rue de la Grande Chaussée.
Quelles perspectives pour 2015 ?
Pour les bureaux, l’étude anticipe un marché 2015 proche des exercices précédents, toujours animé par la recherche d’économies et confronté à une offre neuve limitée. La réduction du stock ancien apparaît déterminante pour améliorer durablement l’équilibre du marché.
Pour les locaux d’activité, une amélioration de l’environnement économique pourrait permettre de retrouver les rythmes observés entre 2010 et 2013 et soutenir la production de locaux neufs. En commerce, plusieurs opérations alors en cours de signature ainsi que le projet de réhabilitation du Palais de la Bourse sont présentés comme des facteurs susceptibles de soutenir la dynamique du centre-ville.