La location pure d’un local commercial à Paris évite le rachat d’un droit au bail ou d’un fonds de commerce. Le budget comprend les sommes exigibles à la signature, les travaux avant ouverture et les dépenses d’occupation du local.
Que signifie "location pure" pour un local commercial ?
Dans les annonces, la location pure désigne généralement une location sans rachat de droit au bail ni de fonds de commerce, et sans pas-de-porte. Vous signez un nouveau bail avec le propriétaire. Une cession de droit au bail consiste à reprendre le contrat d’un locataire sortant. L’acquisition d’un fonds de commerce comprend notamment la clientèle et les autres éléments convenus dans la vente.
L’expression « location pure » relève du vocabulaire commercial. Vérifiez dans l’offre et le projet de bail qu’aucun pas-de-porte, c’est-à-dire un droit d’entrée versé au bailleur, n’est demandé. L’absence de droit d’entrée ne dispense pas du paiement des honoraires, des loyers exigibles ou d’un éventuel dépôt de garantie.
Le loyer : lire les montants au-delà du prix affiché
Un prix en €/m²/an exprime un loyer annuel rapporté à une surface de référence. À titre fictif, 50 m² à 600 €/m²/an donnent 30 000 € annuels, soit 2 500 € mensuels. Vérifiez la surface retenue : surface totale, surface de vente ou surface pondérée. La mention HT signifie hors taxes, HC signifie hors charges. La location de locaux nus à usage professionnel est en principe exonérée de TVA, mais le bailleur peut opter pour son application.
À Paris, comparez des boutiques dont l’emplacement, la surface de vente, les annexes et la vitrine sont proches. Un prix rapporté à une surface totale ne se compare pas directement à un prix calculé sur une surface pondérée. Vérifiez également la clause d’indexation : indice retenu, date de révision et éventuel encadrement de la variation.
Quelles sommes faut-il verser à la signature ?
Les loyers exigibles et les honoraires
Le premier appel peut comprendre un loyer mensuel ou plusieurs mois d’avance, selon les conditions de paiement applicables au bail. Ce versement couvre une période d’occupation : ne le comptez pas une seconde fois dans le budget de démarrage. Ajoutez les honoraires d’agence à la charge du locataire, en vérifiant leur assiette, leur montant et la TVA applicable.
Prévoyez aussi les frais de rédaction du bail et les éventuels frais d’état des lieux à votre charge. Demandez un décompte précisant le bénéficiaire de chaque paiement, son échéance et la période couverte.
Le dépôt de garantie : de la trésorerie immobilisée
Le dépôt de garantie n’est pas obligatoire. Lorsqu’il est prévu au bail, il garantit notamment le paiement des sommes dues et la réparation des dégradations imputables au locataire. Il immobilise de la trésorerie sans constituer un loyer supplémentaire.
Pour les baux conclus ou renouvelés depuis le 28 mai 2026, son montant est plafonné à un trimestre de loyer lorsque le local est destiné au commerce de détail ou de gros, ou à des prestations de services à caractère commercial ou artisanal. Les garanties demandées à la place ou en complément d’un dépôt en numéraire sont également soumises au plafonnement légal.
Pour ces nouveaux baux, le dépôt doit être restitué dans un délai raisonnable ne dépassant pas trois mois après la remise des clés, déduction faite des sommes restant dues et des retenues justifiées. Les autres garanties relèvent d’un délai de restitution de six mois.
Quelles charges s’ajoutent au loyer ?
Les provisions sur charges sont des avances sur les dépenses prévues au bail, régularisées chaque année. Ajoutez l’assurance, l’énergie, l’eau et l’entretien courant, sans compter deux fois les dépenses déjà couvertes par ces provisions. La taxe foncière et certaines autres taxes peuvent être refacturées au locataire si le bail le prévoit expressément.
Un inventaire précis et limitatif des charges, impôts, taxes et redevances doit indiquer leur répartition entre propriétaire et locataire. Les grosses réparations relevant de l’article 606 du Code civil restent à la charge du bailleur.
Demandez le dernier décompte annuel des charges, les justificatifs des taxes refacturées et la clé de répartition. Consultez également l’état des travaux réalisés par le propriétaire au cours des trois dernières années et celui des travaux prévus pour les trois années suivantes. Comparez les dépenses constatées aux provisions annoncées.
Quels travaux prévoir avant d’ouvrir ?
Faites chiffrer les aménagements nécessaires à votre activité : sols, cloisons, peintures, éclairage et équipements de vente. Ajoutez, selon l’état du local, les interventions sur la vitrine et l’enseigne ainsi que les adaptations d’accessibilité et de sécurité. Pour une activité de restauration, vérifiez notamment la faisabilité d’une extraction.
Avant de signer, contrôlez les activités autorisées par le bail, le règlement de copropriété et les autorisations nécessaires aux travaux. Faites préciser les interventions prises en charge par chaque partie. Une clause du bail ne peut pas transférer au locataire les dépenses que la loi réserve au propriétaire.
Exemple de budget pour une boutique à Paris
Pour une boutique fictive de 50 m², sans restauration, le loyer retenu est de 600 €/m²/an hors charges, soit 2 500 € par mois. L’exemple suppose un loyer exonéré de TVA, un paiement mensuel et aucun pas-de-porte. Les dépenses sont exprimées TTC lorsqu’une TVA s’applique, le dépôt de garantie ne supporte pas de TVA. Ces hypothèses ne constituent ni une référence de prix à Paris ni un barème d’honoraires.
| Moment | Poste et hypothèse | Montant à mobiliser |
|---|---|---|
| Signature | Premier loyer mensuel | 2 500 € |
| Signature | Première provision sur charges | 250 € |
| Signature | Dépôt de garantie : hypothèse de trois mois de loyer, sans autre garantie | 7 500 € |
| Signature | Honoraires d’agence à la charge du locataire | 4 500 € |
| Signature | Rédaction du bail à la charge du locataire | 1 200 € |
| Signature | État des lieux, part du locataire | 300 € |
| Total signature | Dont 7 500 € de trésorerie immobilisée | 16 250 € |
| Avant ouverture | Aménagement : 14 000 €, électricité : 6 000 €, vitrine et enseigne : 4 000 € | 24 000 € |
| Total signature et travaux | Avant stock, équipement métier et réserve de trésorerie | 40 250 € |
| Budget mensuel d’occupation, provisions incluses | Loyer 2 500 € + charges 250 € + réserve pour taxes refacturées 150 € + assurance 60 € + énergie 180 € + entretien 60 € | 3 200 € |
Les provisions sur charges de 250 € excluent ici les taxes refacturées, pour lesquelles une réserve distincte de 150 € par mois est prévue. Cette réserve ne correspond pas nécessairement à une facturation mensuelle. Le premier loyer et les premières charges sont déjà compris dans les 16 250 € à mobiliser à la signature.
Les travaux peuvent donner lieu à des acomptes puis à des paiements suivant leur avancement. Ajoutez au financement les loyers et charges dus pendant le chantier, le stock, les équipements propres à l’activité et une réserve pour les imprévus. Les 3 200 € mensuels excluent notamment les salaires, les marchandises et la CFE.
Quels frais peut-on négocier ?
Une franchise de loyer pendant les travaux peut réduire les dépenses avant l’ouverture. Faites préciser sa durée, sa date de départ et les sommes couvertes : les charges restent dues sauf accord contraire. Vous pouvez également négocier une participation du propriétaire aux travaux, les honoraires et frais contractuels, ainsi que le montant des garanties dans les limites légales.
Le paiement mensuel du loyer : un droit sous conditions
Depuis le 28 mai 2026, le locataire d’un local destiné au commerce de détail ou de gros, ou à des prestations de services commerciales ou artisanales, peut demander le paiement mensuel du loyer. Ce droit est soumis à l’absence d’arriérés de loyers et de charges n’ayant pas fait l’objet d’une contestation préalable. La demande prend effet à l’échéance de paiement suivante prévue par le bail.
Une franchise de loyer supprime-t-elle les charges ?
Seulement si l’accord le prévoit expressément. Une franchise portant uniquement sur le loyer laisse les charges et taxes contractuellement dues à la charge du locataire. Faites inscrire dans le bail ou dans un accord écrit la liste des sommes concernées et les dates d’application.