Aménagement urbain, eau, défi des entreprises : les décideurs héraultais tracent la feuille de route 2024

Les cérémonies de vœux sont l’occasion de tracer une feuille de route pour la nouvelle année. 2024 n’a pas dérogé à la règle. Quelques exemples économiques dans l’Hérault.

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François Commeinhes, président de Sète Agglopôle, a annoncé l’engagement de « la requalification du poumon commercial majeur de Balaruc Loisirs. Elle vise, à terme, à ramener sur notre zone de chalandise 200 M€, grâce à l’installation de nouvelles enseignes qui manquent ici, et à un espace beaucoup plus accueillant et adapté aux besoins d’aujourd’hui. » Autre annonce, un nouveau lieu étudiant. L’agglomération compte « 1.200 étudiants, sur un territoire qui en comptait moitié moins il y a quelques années. En 2024, les étudiants feront leur rentrée dans un nouveau lieu hybride, ouvert et connecté, favorisant les idées et expérimentations croisées. 400 personnes seront accueillies dans les 2.000 m² de locaux et 1.200 m2 d’espaces extérieurs désimperméabilisés de l’ancien collège Victor-Hugo, désormais pôle universitaire Michel-Weil. » Le maire de Sète a positionné son territoire comme une terre de renouvellement urbain. « De la raffinerie du Midi de Balaruc à l’entrée Est de Sète ou à la friche mobile, notre devoir est d’exploiter au mieux notre potentiel foncier pour préserver le reste. Depuis l’adoption de notre Schéma de cohérence territoriale, et même avant, nous avons largement intégré cette donnée. Puisque si entre 1995 et 2010, seulement 20 % du renouvellement urbain se faisait dans ce qu’il est convenu d’appeler le « Triangle urbain central » de l’agglo, ce taux est aujourd’hui de 93 %, malgré la pression démographique. Aujourd’hui, 80 % de notre superficie est à l’abri de toute artificialisation, et 60 % de la population et 65 % des emplois se concentrent sur un tiers du territoire.
De la raffinerie du Midi de Balaruc à l’entrée Est de Sète ou à la friche mobile, notre devoir est d’exploiter au mieux notre potentiel foncier pour préserver le reste. »

 

La CPME 34 au Min de Montpellier

Autre cérémonie, celle de Grégory Blanvillain, président de la CPME Hérault, dans un lieu emblématique de l’activité économique, le MIN de Montpellier. Marie Massart, présidente du MIN de Montpellier (Sem Somimon, gestionnaire du site) et adjointe au maire de Montpellier déléguée à la politique alimentaire et à l’agriculture urbaine, a rappelé « le projet d’extension et de modernisation du Min est en cours. Beaucoup de bâtiments sont à améliorer. D’autant plus que de nouvelles entreprises de transformation alimentaires vont être accueillies. »
Devant un auditoire nourri, Grégory Blanvillain a annoncé la création d’un pôle experts : des rendez-vous gratuits de 30 mn avec des avocats spécialisés dans la problématique du dirigeant. Parmi les autres services, l’Open Club, « qui pousse nos organisations patronales à se moderniser, sous la houlette de Muriel Fournier et Miren Lafourcade », l’accompagnement à la transmission d’entreprise, la cellule économique travaillant « sur la fiscalité, la simplification administrative, la mise en place de nouvelles normes CRSD, la facturation électronique, le développement à l’international, les enjeux de financement avec nos partenaires bancaires Société Générale (Stéphanie Pieulhet) et la Banque Populaire (Catherine Saint-Hilary) ».

 

Béziers mise sur les énergies renouvelables

« On pensait que Béziers, c’était le vieux monde, et qu’à Montpellier, c’était l’informatique, les centres de recherche etc. Eh bien non, le vieux monde, aujourd’hui, c’est Montpellier, et l’avenir, c’est Béziers, a pour sa part lancé Robert Ménard, maire de Béziers et président de Pulse, nouvelle agence de développement économique de Béziers Méditerranée. On a tout pour réussir, ici, autour de l’énergie : le soleil, un endroit venté, avec un vent régulier, et une mer Méditerranée profonde. En quelques hectomètres, on est tout de suite avec 250 mètres de profondeur, ce qui est un atout pour développer l’éolien offshore. Si pour une fois, on était moins cons que d’habitude (sic), on pourrait renouer avec la richesse passée qui était celle de la viticulture. Nous avons quelques années devant nous, où il ne faut pas rater ce tournant des énergies renouvelables. »
Pour attirer les entreprises, l’élu entend pousser les feux sur trois axes : « les logements, les transports, les formations », détaille-t-il aux côtés de Cédric Botalla (Instadrone), vice-président de Pulse.

 

Grande agglo et eau dans le Cœur d’Hérault

Jean-François Soto, maire de Gignac et président de la Vallée de l’Hérault, s’est dit favorable à la création d’une communauté d’agglomération à l’échelle du Cœur d’Hérault, regroupant la Vallée de l’Hérault, le Clermontais (président : Claude Revel) et le Lodévois-Larzac (Jean-Luc Requi). « J’espère que l’on pourra continuer à cheminer pour passer un jour au stade au-dessus. Lunel est passé en agglo au 1er janvier. Il faut que nous soyons nous-mêmes forts, engagés, pour répondre présents et être attractifs », a-t-il déclaré.
Avec, comme projet à Gignac, l’extension du pôle santé (Aesio Santé), prévoyant scanner, plateaux techniques et centre de soins non programmés. « De nouvelles disciplines vont arriver : gastroentérologie, cardiologie, dermatologie… Généralistes et internes auront un bateau amiral, en complément des cabinets médiaux existants. » 
L’élu alerte sur « la problématique de l’eau, qui pourrait nous freiner. Des enjeux de sécheresse et d’irrigation se posent. La crise agricole est là, or, l’agriculture est la principale industrie de notre territoire ». Face à l’urgence de la situation, des programmes de renouvellement de réseaux (dont celui de Puéchabon), de réduction des fuites, de forages d’exploration et d’interconnexions sont déployés.

 

Deljarry (CCI 34) : « Une année économique difficile »

Alors que Bercy vient d’abaisser ses prévisions de croissance de 1,4 % à 1 %, André Deljarry, président de la CCI 34, s’attend pour sa part « à une année économique 2024 va être difficile. Le contexte est tendu. Avec Patrick Ceccotti, nous avons réactivé le CIP (centre d’information sur la prévention des difficultés des entreprises), en lien avec les présidents des tribunaux de commerce de Montpellier, Nadine Baptiste, et de Béziers, Éric Germis. 75 % des entreprises qui font appel au CIP, et entrent ainsi dans une logique de prévention, sont sauvées. C’est un outil mobilisable par tous, et gratuit. »
André Deljarry, qui projette « 12.000 créations d’emplois dans l’Hérault, notamment dans les industries culturelles et créatives, les énergies renouvelables et l’économie bleue », annonce par ailleurs que la première pierre du futur campus MBS, dans le quartier Cambacérès, sera posée le 29 mars par Eiffage. « Ce chantier mobilisera 100 compagnons du bâtiment. Le campus sera un marqueur de territoire pour des décennies. » Par ailleurs, MBS « proposera un cursus à Paris à la rentrée prochaine ».

 

Le Medef Béziers prépare un sommet des Mobilités en mai

Le Medef Hérault Béziers prépare une soirée dédiée aux mobilités, le 16 mai prochain. « Dans certaines municipalités, nous parlons de gratuité des transports. Nous ne sommes pas d’accord avec cette politique, lance Matthieu Ourliac, son président. Le 16 mai, nous aborderons la question des mobilités dans des villes moyennes comme Béziers. Tout le monde ne vit pas en centre-ville et ne peut pas se déplacer en trottinette, en tramway ou en bus. Il faut tenir compte des particularités du territoire. » 
Toutes les entreprises de plus de 20 salariés sont concernées par le Versement Mobilité. « Or, les entreprises ne sont pas incluses dans les discussions autour de la mobilité », déplore-t-il. Transports en commun, mobilités douces… « Comment flécher cette mobilité ? », questionne Matthieu Ourliac.
Réouverture des mines. Autre sujet abordé par le président du Medef Hérault Béziers, la réindustrialisation de la France. « Lorsque l’on parle de réindustrialisation, il faut s’interroger sur la réouverture des mines. Pour faire notre transition énergétique, nous avons besoin de cobalt qui se trouve dans les mines », appuie Matthieu Ourliac.
Loger les salariés. « L’année 2023 a été marquée par une forte inflation. Le Medef de Béziers a fait le choix de répondre à la crise avec Action Logement », indique Matthieu Ourliac. « Il est vrai que le rôle du Medef est de dire que nous payons trop de cotisations sociales, sourit-il. Mais en cotisant avec Action Logement, nous aidons nos salariés à se loger ».

 

Altémed durcit le ton avec les promoteurs immobiliers

Depuis 2022 et l’annonce du choc de l’offre par le maire de Montpellier Michaël Delafosse (8.000 logements), « 6.700 logements ont été lancés en consultation, soit 87 % et 80 lots au total, indique Cédric Grail, DG d’Altémed. On négocie avec les porteurs de projets pour les sortir, en cherchant tous les leviers, jusqu’à la charge foncière. C’est un travail mené en partenariat avec la FPI Occitanie Méditerranée (président : Laurent Villaret) et les services de la métropole. » Avant de hausser le ton sur des négociations visiblement tendues : « Un lot, ce n’est pas une réserve foncière. Soit on trouve une solution, soit les lots seront retirés et on fera d’autres projets avec d’autres acteurs. Dans les négociations en cours, nous prévoyons des clauses d’intéressement, clause d’évitement d’enrichissement sans cause… On a commencé à dégripper un certain nombre d’opérations. »
Opérations phares. Parmi les opérations phares citées : le renouvellement urbain du quartier Mosson avec notamment le futur siège d’Altémed (trois architectes retenus, annonce du lauréat en mai ou juin, selon nos informations), l’aménagement de Cap Gallargues (23 ha) dans le Gard, à Montpellier, la Restanque, avec, désormais, plusieurs urbanistes, Ode à la Mer (urbaniste en cours de sélection), Cambacérès Sud…

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