L'index d’égalité professionnelle femmes-hommes s’impose difficilement dans les PME

Montpellier
25 mars 2021
Egalité hommes femmes

Alors que la publication de l’index d’égalité professionnelle femmes-hommes est obligatoire pour les entreprises de 50 salariés, la moitié des PME n’ont pas joué le jeu en 2020. Zoom sur la PME héraultaise Igual, distributeurs de produits d’hygiène pour professionnels (Villeneuve-lès-Maguelone).

Créé en 2018, l’index d’égalité professionnelle femmes-hommes, ou Index Pénicaud, permet d’évaluer la politique d’égalité femmes-hommes (salaires, progression, présence dans les instances dirigeantes…) dans une entreprise. Entre 4 et 5 indicateurs doivent être renseignés pour évaluer ces écarts. Selon les résultats, des points de progressions sont mis en évidence, et des mesures correctives doivent être apportées par l’entreprise. Une pratique respectée par les grandes entreprises de plus de 1.000 salariés, concernées par l’index depuis 2019. Beaucoup mettent en place des mesures concrètes en fonction de leur résultat. Mais l’index ne fait pas écho auprès des PME : la moitié des entreprises de plus de 50 salariés n’ont pas publié leur premier index en 2020. La crise sanitaire devrait accentuer ces résultats pour 2021. Les PME relèguent cette priorité au second rang, faute de structures RH suffisantes. « Dans les petites entreprises, l'index est perçu comme une contrainte supplémentaire, d'utilité peu évidente. Sa réalisation est souvent externalisée auprès de l'avocat de la société », indique la CGT. « Ce n'est pas toujours de la réticence : beaucoup de PME ignorent simplement cette nouvelle obligation », détaille Camille Oluski, avocate spécialisée dans le droit des affaires à PVB Avocats (Nîmes).

« Les critères pourraient être améliorés »

Muriel Menand, responsable RH et marketing d’Igual (Villeneuve-lès-Maguelone, 65 salariés) fait part de sa frustration vis-à-vis de l’index Pénicaud. Après avoir rempli le baromètre en début d’année, la société spécialisée dans la distribution d’équipements et de produits d’hygiène pour professionnels, n’est pas éligible à tous les critères. Par exemple, elle possède un taux de femmes de 38 %... alors que la loi impose un minimum de 40 % pour être éligible. Pourtant, l’entreprise est attentive à l’égalité salariale, mais les indicateurs ne peuvent représenter l’ensemble des actions mises en place. « Le salaire moyen des femmes est supérieur à celui du salaire moyen des hommes dans l’entreprise, car il y a beaucoup d’hommes dans les salaires les plus bas, sur des postes logistiques. Cette donnée comparative est intéressante et ne figure pas dans les indicateurs à renseigner, regrette Muriel Menand. L’Index Pénicaud part d’une bonne intention, mais les critères pourraient être améliorés, en fonction de l’activité spécifique de bon nombre de PME. ». Igual offre des possibilités d’évolution, comme en témoigne son propre parcours, d’assistante de direction à une place au sein du comité de direction (sur trois membres). 

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